Morale « laïque », mariage gay : même combat !

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« Si c’est Dieu qui gouverne le monde, c’est à n’y rien comprendre ; si c’est le diable, tout s’explique ! » Primo Levi

    Cette formule est valable pour la politique imposée aux Français depuis trente ans. Le diable, en l’occurrence, c’est le cosmopolitisme et l’internationalisme de nos élites coalisées, complices ou complaisantes. Par quelque bout que vous preniez cette politique, vous arrivez invariablement à cette conclusion. Qu’il s’agisse des institutions et de l’organisation du territoire,  de la politique économique et fiscale, de l’éducation, de la diplomatie, de la défense, de la sécurité intérieure, de l’immigration, des questions sociétales et des valeurs, tout concourt à écraser le sentiment national français et à inculquer voire greffer de force dans les esprits rétifs qui prétendraient penser par eux-mêmes la pensée unique internationaliste,  communautariste et droit-de-l’hommiste sélective.

    Par exemple, puisque c’est d’actualité, quel rapport y a-t-il entre les cours de « morale républicaine » à l’école et la loi pour le mariage gay, avec son cortège d’effets induits dévastateurs pour le socle de valeurs qui fonde la civilisation occidentale bimillénaire ? La réponse est : ils servent le même projet idéologique – la fin de la Nation française – cœur et moteur de cette civilisation. Dans le premier cas, on détruit ce qui existe ; dans l’autre on prépare les cerveaux au système nouveau. Car, selon le frère Peillon, la morale républicaine c’est « la morale laïque ». Quand on sait que M. Peillon et une bonne partie du gouvernement auquel il appartient sont francs-maçons, on a lieu de s’inquiéter. Car, pour les frères, laïque égale athée voire anticléricale ou plutôt, anticatholique. Du reste, Vincent Peillon ne s’en cache pas ; il veut donner à l’École un « rôle fondamental : dépouiller l’enfant de toutes ses attaches pré-républicaines (c’est-à-dire, selon ses vues, d’avant le socialisme, car la République, pour lui, c’est le socialisme et lui seul) pour l’élever jusqu’à devenir citoyen ». Il ajoute, et c’est à savourer lentement en se pinçant pour s’assurer qu’on ne cauchemarde pas : « C’est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation qu’opère l’école et, par l’école, cette nouvelle église avec son nouveau clergé, ses nouvelles tables de la loi »[1]. Oups ! Alors, M. Peillon a beau essayer de nous rassurer, ou plutôt, en vérité, de nous endormir, les patriotes ont de bonnes raisons de s’inquiéter.

    Ce projet est un projet totalitaire qui consiste à achever de confisquer la République en confisquant les esprits après en avoir confisqué les institutions et les pouvoirs, les ressources et les moyens. Il est déjà mis en œuvre depuis trois décennies, notamment à l’École, par son organisation, par les programmes et par les pratiques.

    La prise en main des cerveaux de nos enfants commence dès les classes maternelles, cette exception française, qu’on veut maintenant imposer dès deux ans. A l’école primaire, d’aucuns veulent éduquer, et non instruire – ce qui en soi est déjà un dépassement de fonction abusif – selon la théorie des genres, c’est-à-dire, inculquer aux enfants une appréhension des différences des sexes purement intellectuelle, abstraite et détachée des réalités naturelles. Dans les collèges, on veut donner la pilule aux filles de moins de quinze ans sans en informer les parents. On va même jusqu’à vouloir projeter à des enfants de cours élémentaire (moins de dix ans) un dessin animé mettant en scène l’homosexualité ! Par les programmes, on s’acharne à déstructurer l’histoire de France en en occultant tout ce qui se réfère à la Nation, à sa grandeur et son unité, en privilégiant l’étude de l’histoire de ses prétendues différentes composantes ethniques et religieuses, selon un présupposé communautariste. Par les pratiques, enfin : l’École est très largement ouverte sur l’extérieur, mais pas n’importe lequel. Les associations agréées pour intervenir au sein de l’Ecole sont minutieusement sélectionnées. Il va sans dire qu’elles s’inscrivent toutes dans le politiquement correct imposé et véhiculent toutes la même idéologie antinationale. Par exemple, la FNACA, qui est le bras armé du lobby des porteurs de valises, a toute latitude pour instiller dans l’esprit de nos enfants une interprétation parfaitement révisionniste et anti-française de la guerre d’Algérie en particulier et de notre histoire coloniale en général. Les tenants d’une défense de l’Algérie française, fût-elle solidement argumentée, nourrie aux leçons de l’Histoire et aux témoignages des décolonisés malgré eux, y sont, faut-il le dire, personae non gratae. Quant aux Harkis, qui font, dans nos médias télévisuels, l’objet d’un traitement systématiquement misérabiliste propre à tirer des larmes dans les chaumières, et que l’amie Jeannette Bougrab présente comme des « victimes de la colonisation », les manuels scolaires ne sont pas loin de les qualifier de traîtres (sous-entendu « à leur patrie …algérienne »), selon une vision raciste qui s’ignore. Inutile de dire que jamais aucun de leurs défenseurs n’a eu l’occasion de s’exprimer au sein de l’École.

    L’École n’est plus identificatrice ; elle est sectariste. Et chargeant la France de tous les maux, colonialisme, racisme, intolérance, elle se tient en première ligne dans l’entreprise d’abaissement de la Nation. Le tout, en s’étonnant de ce que les populations exogènes cultivent à l’égard de la France les ferments de haine qu’elle y a elle-même semés, et tirent les conclusions de cet enseignement par le refus de s’intégrer et un « retour » à leurs supposées civilisations d’origine qu’elle a elle-même purement et simplement inventées. Quant au politique, c’est évidemment l’internationalisme, ou plutôt le cosmopolitisme, qui y est enseigné. Cela a commencé par le mondialisme économique, se poursuit par l’Europe, présentée, quelles que soient les maux dont elle est la cause et dont l’actualité témoigne depuis dix ans, comme l’horizon indépassable, en attendant un gouvernement mondial dont, évidemment, nos élites se croient toutes appelées à « être », et qui, par définition, permettra de dissoudre les peuples et, conséquemment, la démocratie.


[1] In La révolution française n’est pas terminée ? (SEUIL – 2008)

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