Conférence sur les Harkis le 6 décembre à Grasse (Suites)

Conférence du Dr Rémy : FBL en furie.

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    Yves Sainsot n’avait pas menti en m’écrivant que la conférence du Docteur François Rémy, Président de l’ANFANOMA de Grasse, serait intéressante. Elle le fut, en effet, mais un peu trop courte, à mon goût. Il est vrai qu’un petit débat était prévu précédé d’une table ronde réunissant le conférencier lui-même, Madame Manzano, Vice-Présidente de l’ANFANOMA, Ali Amrane, le Président des Harkis de Grasse et la vedette parisienne du jour, Fatima Besnaci-Lancou, Présidente de « Harkis et Droits de l’Homme » et « historienne ».

    Parler de « guerre et traumatismes psychologiques, reconstruction » sans prononcer le mot de « résilience » relevait de la gageure ; nous ne pûmes pas y échapper. C’est donc sur ce thème que le Docteur Rémy s’attarda en relevant combien les Piénoirs et les Harkis en étaient pourvus.  Je pensais en mon fort intérieur que, si c’était absolument vrai des Piénoirs, les Harkis en étaient très loin. Je me promis donc, alors que je n’avais pas prévu de participer au débat, d’en dire un mot.

    D’ailleurs, il fut très vite question des Harkis car, ayant saisi le micro, Fatima Besnaci-Lancou le garda pendant un quart d’heure montre en main pour nous vanter sa personne et ses travaux réalisés avec la Croix-Rouge sur les disparus de 1962. Son leitmotiv : si aucune recherche n’a été entreprise pour savoir où étaient passés les personnes disparues entre le 19 mars et juillet 1962, c’est qu’il y fallait l’autorisation du pouvoir algérien. A quoi on avait envie de répondre : « Sans blagues ? »

    Du coup, lorsque ce fut mon tour de parler, je dis que la résilience était remarquable chez les Piénoirs mais qu’il en était tout autrement pour les Harkis, et proposai une explication. Selon moi, indépendamment de celui qui avait trait à la perte de leur pays et de leurs biens, chez les Piénoirs, le traumatisme résulte d’un crime subi dans un temps court, très bien délimité dans le temps. Avec, dans les années qui suivirent l’exode, des conséquences dramatiques chez les proches des victimes, une multiplication de suicides, notamment. J’aurais pu ajouter que la plupart d’entre eux y échappèrent et ne subirent, si j’ose dire, qu’un préjudice matériel et moral mais non physique. D’où, d’ailleurs, la difficulté des PN à s’entendre sur l’action à mener pour obtenir réparation.

    Au contraire, les crimes subis par les Harkis du 19 mars 1962 à 1976, s’inscrivent dans une série continue : massacres de masse, emprisonnement de 24 000 Harkis entre 1962 et 1968 et mort en prison, souvent sous la torture , de 21 000 d’entre eux, et, pour la plupart des survivants, internement dans des camps de concentration et de travail forcé où les sévices ne leur furent pas épargnés. Beaucoup d’entre eux se sont reconstruits, mais bien plus en souffrent encore, non seulement psychologiquement mais aussi socialement.[1] Au total, la résilience n’a pas agi sur eux aussi bien que sur les PN.

    Enfin, en écho à l’intervention de FBL, je fis remarquer qu’un crime insidieux frappe autant les Piénoirs que les Harkis : c’est ‘l’impossibilité de faire reconnaître et encore moins réparer les crimes dont ils furent victimes. Des forces comme la Ligue des Droits de l’Homme, dont un spécimen doit s’exprimer ce vendredi à Grasse, luttent avec force moyens publics et la complicité de tout le système pour les en empêcher en réécrivant l’Histoire en faveur de leurs ennemis. Je citai nommément Gilles Manceron, le mentor de Fatima, et ses complices Benjamin Stora et Pierre Daum. A ce moment-là, Fatima Besnaci-Lancou s’empara d’un micro et tenta de me faire taire en me taxant furieusement de haine. Dans le public, plusieurs personnes prirent ma défense. Elle se rassit et je pus finir.

    Je fis signe à Ali Amrane pour qu’il vienne conférer avec moi. Je lui dis clairement que cette agression de FBL au cours d’un débat où nous étions invités me libérait pour celui du lendemain. Il me dit que ce serait un débat contradictoire. Je répliquai que c’était trop facile. Cette fine équipe, sous couvert de débat contradictoire et avec l’argent public, fait le tour de France pour diffuser sa version réécrite de l’Histoire et il faudrait que nous, les Piénoirs et Harkis victimes de ce révisionnisme, attendions gentiment qu’ils aient parlé pour essayer de rattraper le coup. Je lui dis clairement que, ce vendredi, ça ne se passerait pas comme ça.

    De retour dans la salle, FBL continuait son dénigrement du ton doux et complice que les faussaires prennent pour endormir leurs auditeurs, et, parlant de moi, s’insurgeait de ce que « quelqu’un qui n’a rien fait » (moi) s’en prenne à un homme (Gilles Manceron) qui défendait si bien les Harkis. Je ne pouvais pas laisser passer ça. Je pris donc un micro et tentai, malgré le tumulte, de répliquer.  Furieuse, la passionaria de la LDH de Toulon fit mine de quitter la tribune. On se précipita pour la retenir. Je pus rappeler les états de service de M. Manceron et de sa protégée Fatima apparus en 2005 dans le débat à l’occasion de l’offensive contre les articles 4 et 5 de la loi du 23 février 2005. J’ajoutai que, avec des amis comme eux, les Harkis n’ont pas besoin d’ennemis. Puis je quittai une salle en émoi.

    Moi qui croyais avoir affaire avec une fille de Harki exploitée par l’anti-France pour imposer les vues du FLN sur l’Algérie française, je comprends aujourd’hui qu’elle est parfaitement convaincue et que c’est bien une amie de nos ennemis qui parle en notre nom. Cette conférence de vendredi après-midi risque d’être bien autre chose qu’un débat.


[1] Je connais personnellement, des enfants de Harkis ayant passé le plus clair de leur jeunesse dans les camps qui, à la fermeture de ceux-ci sont « entrés en société » au moment où celle-ci entrait en crise, c’est-à-dire juste quand les « trente piteuses » succédaient aux « trente glorieuses ». Et beaucoup d’entre eux arrivent à l’âge de la retraite en n’ayant pratiquement pas travaillé.

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