Lettre ouverte à une lectrice fille de Harki

Le combat des Harkis était le combat de l’Algérie française

Stèle Arles                                                                                Quand les Harkis célèbrent leur Histoire, c’est avec le drapeau français aux couleurs bleu-blanc-rouge et non l’étoile et le croissant sur fond vert et blanc du drapeau algérien.                                             

Bonjour, Tassadit,

    Votre commentaire à mon article du 6 décembre (Lire) m’a en partie choqué.  Ce n’est pas bien de dire que l’Algérie est votre patrie ou celle de vos parents. Que vous soyez attachée à votre terre (sans doute la Kabylie) se comprend parfaitement mais que vous pensiez que l’état qui a massacré 80% des Harkis est le vôtre, ce que les Kabyles algériens eux-mêmes récusent, ce n’est pas normal. Tous ceux qui disent que l’Algérie est leur patrie doivent y retourner vivre, qu’ils soient enfants de fellaghas ou enfants de Harkis. C’est alors qu’ils seraient dignes. Mais vouloir à la fois la soupe et la chorba, c’est manquer de nif. Je regrette que beaucoup d’enfants de Harkis, en particulier les filles, se soient laissé berner par nos ennemis, dont ceux que nous avons combattus à Grasse sont les porte-parole, au point de renier les choix de leurs pères. Or, le combat des Harkis était le même que celui des Piénoirs : le combat pour l’Algérie française. Si vous en doutez, lisez le livre du Bachaga Boualam, Mon pays, la France, dont j’ai publié le premier chapitre ici-même. (Lire)

    S’agissant des Piénoirs, justement, rien ne vous autorise à jouer le jeu de nos ennemis communs qui veulent en faire les responsables de tous nos maux. D’abord parce que c’est parfaitement faux. Ceux qui ont collaboré avec le pouvoir gaullo-socialo-communiste au point de jouer les kapos dans les camps de Harkis ne sont pas des Piénoirs mais des Piérouges. Ensuite, parce que, si les Harkis ont quelque chose à reprocher aux PN, c’est l’ignorance des massacres perpétrés dans le bled et de la déportation des Harkis survivants dans des camps de concentration et de travail. Et pourquoi voudriez-vous que les Piénoirs, forcés à l’exode par la menace d’un génocide qui ne nous a pas été épargné, pourquoi voudriez-vous que ces gens simples et perdus dans un pays inconnu et hostile (le racisme anti-piénoir fut une réalité que mon propre beau-père a vécu) en sachent plus que les autres Français sur le sort qui nous était réservé ? Et pourquoi le voudriez-vous alors que NOUS, les Harkis rescapés des massacres qui avons pu fuir par nos propres moyens dans les mêmes conditions qu’eux, n’en savions pas plus ?

    Enfin, à supposer que les PN aient quelque responsabilité que ce soit dans ce drame, et si nous avons quelque chose à leur reprocher (bien tardivement, ce qui prouve bien que cela relève d’une campagne de division orchestrée par les porteurs de valises dont Gilles Manceron est l’une de figures), nous devons le faire entre nous et pas sur la place publique. Il faut laver son linge sale en famille. Evidemment, si vous pensez que les Piénoirs ne sont pas votre famille, autrement dit, si vous pensez que leur patrie, la France, n’est pas la vôtre, alors, vous êtes libre d’aller rejoindre vos frères algériens en Algérie et, je vous en prie, emmener avec vous ceux d’ici qui nous ch… tous les jours dans les bottes.

    Très cordialement,

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