Feuille de route sur l’intégration : Ayrault continue de semer ses crottes (2/2).

La dictature partagée.

Hollande_Sarkozy

    Pour discréditer le mouvement de salutaire réaction du peuple français à ses menées antinationales, la Gauche, mais pas seulement elle (les universalistes de l’UMP font de même), multiplie les références aux années trente. Des références pertinentes s’il s’agissait de montrer comment un pouvoir élu par un quart des Français outrepasse ses mandats et ses prérogatives pour réaliser des réformes sans leur assentiment. Elle est évidemment nulle et non avenue si, comme c’est le cas, le propos est de disqualifier la réaction populaire et légaliste, à laquelle on assiste depuis plus d’un an, en l’assimilant aux Ligues royalistes qui avaient pour projet de prendre le pouvoir par la force[1]. La différence entre les deux situations tient aux institutions de la Vème République qui, de fait, ont rendu possible une dictature. Trente trois ans de pratique de mieux en mieux ajustée et maîtrisée d’un régime consulaire renforcé par le scrutin majoritaire à deux tours ont abouti à cette situation originale : deux partis dominants alternent au pouvoir pour faire deux politiques parfaitement similaires du point de vue idéologique et qui ne se distinguent qu’à la marge. (Peut-être devrais-je écrire « se distinguaient » puisque François Hollande vient de faire son coming out social-libéral ?). En effet, les « Gaullistes » de l’UMP ont renoncé au souverainisme et ont adopté le mondialisme – dont l’Europe fédérale n’est qu’une étape – sous toutes ses formes, y compris sociétales. On a entendu, dès le lendemain du vote du mariage gay, l’UMP annoncer qu’elle ne reviendrait pas dessus. Et des responsables de ce parti, tels Christian Estrosi, n’ont pas hésité à proclamer qu’ils en célébreraient avec plaisir. De même, Copé et les siens ont attendu que François Hollande renonce à sa loi famille pour s’en attribuer le mérite au titre d’un engagement purement fantasmé.

    S’agissant de la contestation de l’application de la théorie du genre (et non de son enseignement) à l’école, l’UMP était représentée par Christine Boutin (dont la mission est de canaliser l’électorat catholique au profit de l’UMP), d’Henri Guaino et d’Hervé Mariton. Personnellement, je n’ai pas eu l’impression que les grandes voix de l’UMP se soient beaucoup mobilisées dans cette affaire. Mieux, si j’ose dire, elles ont repris le vocabulaire mensonger et stigmatisant que la Gauche et les médias caniches ont utilisé à l’encontre des opposants à une opération que tous, à l’exception du Figaro et de Valeurs actuelles, ont niée en la taxant de « rumeur ». Et pour cause : le processus de prise de contrôle des consciences de nos enfants et de confiscation par l’Etat d’une prérogative et d’une mission, l’éducation, depuis toujours dévolues aux familles a commencé avant que la Gauche reprenne le pouvoir. Quelqu’un a-t-il entendu un ténor de l’UMP s’engager à ce que ce processus soit interrompu et à rendre aux parents ce qui leur appartient ? Pas moi.

    Enfin, en matière  de communautarisme et d’islamisation de la France, de repentance et de complaisance avec les lobbies de l’Immigration, je crois que la quinquennat de Nicolas Sarkozy, lequel a fait 143 000 faux Français en 2010 (contre 179 000 à Valls en 2013) démontre que la différence entre L’UMP et le PS est égale à epsilon. En tout cas, elle est sensible dans les chiffres mais non dans la philosophie et les objectifs.

    La Vème République, ai-je écrit, a, de fait, rendu possible une dictature. Mais nous sommes là face à phénomène totalitaire d’un nouveau type. Il ne s’agit pas d’une dictature brutale dans sa prise de pouvoir, un coup d’état ou un pronunciamiento, appuyée sur la force militaire, ni d’une dictature personnelle ou clanique, comme on l’a connu au vingtième siècle. Ce n’est pas une dictature rendue nécessaire ,aux yeux de ceux qui l’exercent, en réaction à une politique jugée par eux néfaste au pays, comme ce fut le cas, notamment, avec Kemal Atatürk en Turquie en 1922, Franco en Espagne en 1936 et Pinochet au Chili en 1973. Nous sommes en présence d’une dictature tranquille, si j’ose dire, qui s’est mise en place en douceur, insidieusement, rendue possible par une interprétation pernicieuse des Institutions, et qui s’est installée par la force des habitudes. C’est une dictature dénuée de violence sur les personnes, une dictature acceptée par les Français, et pour cause : ils n’en ont pas conscience ! Pour être, elle n’a pas besoin de s’appuyer sur l’Armée (une Armée dont elle se méfie, au contraire, et qu’elle s’évertue à priver de moyens de réagir éventuellement) mais sur un réseau de complicités et de complaisances chèrement achetées. (Voir La France Confisquée)

    L’originalité de ce phénomène tient à ce qu’il s’agit d’une dictature alternée de deux partis politiques, l’UMP et le PS, via le président élu. Cette alternance fonctionne si bien que, phénomène remarquable, ces deux partis dominants ont, de 1981 à ce jour, gouverné respectivement seize et dix-sept ans. Pendant ces trente trois ans, le système s’est mis en place et affiné en se débarrassant progressivement de ses imperfections telles que la cohabitation. Depuis 2002, le président élu sait qu’il fera au moins cinq ans de mandat, voire, sauf accident, dix ans, pendant lesquels il peut faire absolument tout ce qu’il veut[2]. Sarkozy, qui fait exception en tout, a trouvé le moyen de n’en faire qu’un alors que ses adversaires étaient au tapis, mais c’est, à mon avis, quelque chose qui ne risque pas d’arriver à Hollande[3]. Pendant ce temps, le parti battu à la présidentielle puis, c’est, en pratique, devenu automatique, aux législatives qui suivent, passe son temps en luttes intestines pour savoir qui en son sein sera candidat à la présidentielles suivante. Certes, tous les membres importants de ces partis et de leurs satellites, ne sont pas d’accord sur tout, mais les récalcitrants finissent toujours par rentrer dans le rang, où, comme chacun sait, la soupe est bonne. Et aussi, parce que, comme c’est le cas d’élus très droitiers mais minoritaires de l’UMP, comme me le disait naguère l’un d’entre eux, il n’y a pas d’autre parti à droite où ils peuvent vraiment travailler[4]. Evidemment, ces deux partis n’en sont pas à se concerter pour gouverner à tour de rôle. Mais ils sont suffisamment complices pour se ménager mutuellement des quarantaines confortables dans l’opposition. En témoigne l’attitude des élus et leur unanimité à refuser de concert toute mise en cause de leurs propres avantages. En témoigne également l’existence, mise au jour par le scandale des marchés publics des lycées d’Île-de-France, d’ententes pour le partage du produit du racket des entreprises bénéficiant des marchés publics de l’Etat et de Collectivités territoriales. En témoigne enfin, l’alliance anti-FN qui n’a pas que des fondements moraux ou idéologiques.

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[1] Mis en échec par le légalisme du Colonel de la Rocque, grand patriote légaliste, qui a demandé à ses Croix de feu de se disperser à l’issue de la manifestation du 6 février 1934. (Réécouter sur France Inter du 6/2, 6 février, l’envol des Croix de feu).

[2] Y compris un coup d’Etat comme ce fut le cas de l’adoption du traité établissant une constitution pour l’Europe contre l’avis émis par les Français (à 54,68%) au référendum du 29 mai 2005.

[3] Parce qu’il a une majorité de rechange. Voir mon article du 4 février.

[4] Sous-entendu : « Le FN n’est pas une alternative sérieuse et fiable. »

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