Manuel Valls à Matignon : une opération strictement politicienne.

Avec Manuel Valls Premier ministre, Hollande reprend la main.

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    La sphère médiatique ne fait plus depuis longtemps de politique et, en réalité, spécule plus qu’elle n’analyse et répète comme un perroquet ce que les porte-parole des partis lui dictent à l’oreille.  Ainsi des raisons de la dégelée de la Gauche aux municipales. Tous, à l’exception d’Eric Zemmour, la mettent sur le compte de l’échec du gouvernement en matière d’économie et de chômage en occultant complètement les questions de civilisation : mariage gay, application de la théorie du genre à l’école, immigration et délinquance, identité nationale menacée, etc. La décision des « écologistes » de ne pas participer au gouvernement Valls est unanimement jugée  comme une erreur alors que, en réalité, elle est parfaitement logique (voir ci-dessous). A ma connaissance, un seul commentateur politique a exprimé ce point-de-vue. Quant à Manuel Valls, la doxa spécule sur l’opposition entre Hollande et lui et en fait un libéral qui aurait pu figurer dans un gouvernement de droite alors que ces deux-là se sont partagé les rôles dans l’intérêt de leur parti. 

    Les réactions politiques, elles, sont conformes aux positionnements habituels de leurs auteurs. Au PS, à part Marie-Noëlle Lienneman et Henri Emmanuelli, qui jouent leur rôle de mouches du coche officielles, c’est l’unanimité ; à « gauche de la gauche », pour ne pas dire à l’extrême-gauche irresponsable, c’est la critique sans nuances d’un Front de gauche qui sent sa marginalisation venir. A « droite », on entend nettement la différence entre les Sarkozystes qui tirent à boulets rouges sur le nouveau gouvernement et les amateurs de « consensus », joli mot pour désigner la spécialité des gamellards : la compromission.

Manuel Valls, un socialiste pur jus.

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    Ce qui est consternant, c’est d’entendre tout ce beau monde parler de Manuel Valls comme d’un « libéral » à la manière de Tony Blair, sans dire que, dans le cadre d’une Europe dirigée par Bruxelles, ça n’a plus aucune espèce d’importance. Tony Blair et ses successeurs ont pu faire la politique qu’ils voulaient parce que la Grande-Bretagne n’est pas dans l’€uro et parce que les Bitanniques n’en ont jamais fait qu’à leur tête et ont toujours pris de l’Europe ce qui les arrangeait et laissé le reste. Autrement dit, ils n’ont jamais renoncé à leur souveraineté. Le gouvernement français continuera d’autant plus d’obéir au doigt et à l’œil à la Commission de Bruxelles qu’il est composé exclusivement d’Européistes fanatiques qui ne rêvent que de la disparition des nations. A commencer, malgré les envolées lyriques sur son patriotisme, par Manuel Valls lui-même.

    En tout cas, sur les questions de société, il n’y a pas l’épaisseur d’une feuille de cigarette entre les positions du nouveau Premier ministre et celles des plus radicaux de ses collègues socialistes. Par exemple, les lois Valls sur l’immigration et la citoyenneté sont marquées du sceau antinational et illustrent parfaitement la thèse du « grand remplacement » chère à Renaud Camus. La nationalité française est bradée : en 2013, ce sont 179 000 Immigrés qui l’ont obtenue par différentes voies – celle par mariage faussement dit « mixte » a explosé – soit 36 000 (25%) de plus qu’en 2012 ; depuis cette année, ce n’est plus cinq ans qu’ils doivent attendre pour l’obtenir mais trois, le temps de défaire leurs valises ; la distribution de visas aux Africains et aux Balkans a explosé ; 32 000 étrangers en situation irrégulière ont été expulsés en 2011 et 37 000 en 2012 ; leur nombre a été de 27 000 en 2013 ; etc. En vérité, les grandes manifestations de fermeté du Ministre de l’intérieur Valls n’étaient que des gesticulations.

    Sur le « mariage pour tous » et les projets délirants qui en résultent tout naturellement, la gestation pour autrui (GPA) et la gestation médicalement assistée (GMA), Manuel Valls est exactement sur la ligne Taubira/Vallaud-Belkacem. Il est même allé jusqu’à traiter les participants à la Manif pour tous d’homophobes. Comme si le refus de la disparition d’un modèle de civilisation universel et vieux de trois mille ans se réduisait à une phobie ! En réalité, Manuel Valls est le roi du rideau de fumée. Et un politicard très talentueux, une sorte de Sarkozy avec des idées politiques. Il n’en est peut-être que plus dangereux

Manuel Valls pour faire gagner Hollande en 2017.

    En écrivant mon livre « La France Confisquée », j’ai compris que le projet de nos élites n’est pas de faire gagner la France car, pour elles, seule compte l’Europe, l’Europe fédérale, supranationale, leur Europe, dont la France ne serait qu’une composante. Le choix de ministres interchangeables pourvu qu’ils adhèrent à cet objectif en découle. Ceci étant acquis, le but est de manœuvrer pour conserver le pouvoir. Manuel Valls, qui sait qu’il ne pourra pas s’opposer à Hollande en 2017, est celui sur qui celui-ci compte pour le faire gagner. Comment ? En gouvernant au centre, autrement dit : 1.en faisant exploser l’UMP ; 2. en se débarrassant des « écolologistes » et des Mélenchonistes qui, en réalité, ne sont que des variétés de gauchistes ; 3. en ghettoïsant le FN. (Lire Hollande : le grand tournant !) Et cette stratégie a l’aval des pragmatiques poids lourds du PS qui se retrouvent tous au gouvernement « [lequel] ressemble au politburo du Parti socialiste », dit Nadine Morano. C’est très juste et parfaitement conforme à la nature des Socialistes qui, comme les Gaullistes de la grande époque, chassent en meute et s’entendent pour abattre leur proie quitte à se la disputer ensuite.

    Gouverner au centre ne fera aucune difficulté : il suffit d’écouter les réactions très mesurées de Jean-Pierre Raffarin pour s’en convaincre. Juppé, lui, fait un peu la moue car il voit l’Elysée s’éloigner ; il ne se résignera pas à se droitiser alors que, comme les Socialistes, il trouve qu’il manque 700 000 Immigrés à la France. L’UMP, qui était une formation artificielle composée d’anciens du RPR et de l’UDF va donc exploser dès que l’option Sarkozy aura montré sa vacuité et j’ai dans l’idée qu’il y aura plus de monde à se rallier à la gauche qu’à camper à droite. Et même si des personnalités très droitières de l’UMP le rejoignent, le FN, dans sa configuration actuelle, sera incapable de se poser en recours.

Les « écologistes » et les Mélenchonistes, opposition de gauche ; le FN ghettoïsé, les patriotes se réfugieront dans l’abstention… et dans la rue.

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    Manuel Valls a eu beau jeu de proposer un grand ministère de l’écologie, de l’énergie, des transports, etc. L’accepter aurait été pour eux la meilleure façon de se lier les mains et de se compromettre. Alors, ils seraient apparus en plein jour pour ce qu’ils sont : un parti satellite du PS et, pour certains d’entre eux, des gamellards. Refuser était la seule option disponible, non pas de peser sur la politique du nouveau gouvernement, mais pour exister. Je crois leurs cadres suffisamment dotés de sens politique pour avoir compris le virage centriste de François Hollande. Et ils voient le parti qu’il peuvent en tirer. La nature a horreur du vide : le recentrage des Socialistes, une tendance naturelle rendue jusqu’à présent impossible par les institutions, ouvre un espace à gauche que les Mélenchonistes et les « écologistes » se disputeront.

    Dans ce dispositif antinational, le Front national restera marginalisé car je vois mal la droite actuelle se rallier à lui, pas plus que je ne l’imagine se rallier à elle. Or, qu’on le veuille ou non, une partie importante de nos compatriotes ne veut pas contribuer à voir le FN gouverner seul. A défaut d’émergence d’un parti patriotique neuf, sans ambiguïtés et vierge de toute compromission passée, ces patriotes français resteront orphelins. Le parti des abstentionnistes aura alors un grand avenir, si on peut dire, devant lui.

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