Mon blog-notes du mardi 22 avril 2014.

    Des « Français » font leur djihad personnel en Syrie. Et que cache la politique d’Obama en Ukraine ?

 

Que faire des « Français » djihadistes ?

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    Sept-cent-cinquante « Français » seraient partis en Syrie mener le djihad contre Assad. La médiasphère glose sur ce qu’il aurait fallu faire pour les empêcher de partir et ce qu’il conviendrait de faire à leur retour. Le commentaire le plus souvent entendu est : « On ne peut pas leur en vouloir puisqu’ils font ce que la France aurait bien voulu faire et qu’elle n’a pas fait : combattre le dictateur syrien. » Les bien-pensants diraient-ils cela de tous les Français ? Evidemment, non ! 

    Cette désinvolture confondante pour qui considère la chose publique avec sérieux tant du point de vue du citoyen que de celui de l’État est réservée à une catégorie bien précise de la population française : les Musulmans. Pour ne pas les « stigmatiser », nos élites sont prêtes à renoncer à tous les principes civiques. Non seulement les « jeunes » issus de l’immigration musulmane peuvent faire leur police dans les banlieues mais ils ont toute latitude pour mener leur petite guerre personnelle sans que la Loi ni la Justice aient à y redire. Faire la guerre serait-il devenu un « droit de l’Homme » ? Où est le temps où l’État avait « le monopole de la violence légitime » ? Quid de ses missions régaliennes ?

    A l’occasion de cette affaire de fugueurs retrouvés en Syrie, on a appris que la sortie du territoire de mineurs de 15 ans n’était plus soumise à l’autorisation des parents. Les familles ont-elles été consultées avant que la suppression de cette obligation ? Non ! Comme pour le droit de prendre la pilule ou de se faire avorter, les parents sont les derniers informés, de préférence quand drame il y a et quand il n’y a plus rien à faire pour l’empêcher. Ainsi, des mineurs légaux, des mineurs pour la conduite automobile sont considérés comme majeurs quand il s’agit d’aller se faire trouer la peau en Syrie ou servir d’esclave sexuelle à des fanatiques obscurantistes et malades.

    Les Britanniques, soumis au même problème, ont mis en place un arsenal de sanctions qui peuvent aller jusqu’au retrait de la citoyenneté. Foin de ça en France ! Nos libres penseurs ont en tête l’intérêt du sujet ; ils se moquent de celui du pays. « Ils sont français ! », disent-ils. « On ne peut pas leur enlever leur nationalité ! On ne peut pas en faire des apatrides ! » Faux, triplement faux ! D’abord, la plupart des Musulmans de France issus de l’immigration ont la double nationalité. La plupart sont plus attachés à la nationalité d’origine de leurs parents qu’à celle de leur pays de naissance. Beaucoup d’entre eux sont même ressortissants d’un État qui ne reconnaît que leur nationalité d’origine. Ensuite, un Musulman qui respecte les préceptes de sa religion au point d’aller porter le fer du djihad en pays étranger est musulman avant d’être français. Si la France décidait de lui retirer sa nationalité, beaucoup de pays islamistes le recevraient à bras ouverts. Enfin, empêcher des djihadistes de revenir en France relève de la simple prudence.

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Politique américaine en Ukraine : ça sent le gaz !

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    A propos de l’abolition de l’esclavage aux États-Unis, j’ai écrit naguère qu’il s’agissait d’une affaire de betteraviers. Je voulais signifier par là que, chez les Américains, l’humanitarisme est souvent soutenu par l’appât du gain. C’est, en effet, la découverte par les chimistes Français Delessert et Quéruel[1] (Cocorico !) du moyen de faire du sucre avec des betteraves qui a accéléré l’évolution vers la fin de l’esclavage. Les industriels américains désireux d’importer du sucre d’Europe puis d’en produire aux États-Unis même se trouvaient défavorisés par rapport aux planteurs de cannes sudistes qui utilisaient une main-d’oeuvre servile et gratuite. Il leur fallut plusieurs décennies de pression sur le gouvernement fédéral pour, sous couvert d’humanisme, obtenir satisfaction. Au prix de quatre années d’une guerre terrible et du sacrifice de 620 000 américains !

   « Pourquoi nous raconte-t-il ça ? », vous demandez-vous. Réponse : pour faire un parallèle avec les manœuvres américaines en Ukraine et …en Algérie (!) dont nous parlerons demain. En effet, l’intérêt manifeste des États-Unis, devenus exportateurs de gaz de schiste, est de voir leur principal concurrent, la Russie, marginalisée sur un marché du gaz qui représente 1 325 Mds de dollars chaque année (1 000 Mds€). Actuellement, son prix courant s’élève à 415$ les 1000 m3. L’UE importe 67% de sa consommation (plus de 300 mds de m3) dont 40% de la Russie avec un rabais très favorable de 50%.

    Aux États-Unis, le marché du gaz est à 80$ les 1000 m3. On voit très vite les formidables profits qu’ils engrangeraient  en prenant aux Russes leur part de marché européen. Même au prix de 200$ les 1 000 m3, la manne atteindrait 600 Mds$, soit 40% du PNB français. Pour cela, les Américains sont prêts – les tournées internationales de John Kerry sont faites pour ça – à embarquer dans leur sillage tous les acteurs de ce marché concurrents de la Russie, dont l’Algérie. Et, accessoirement, à ressusciter la guerre froide ! 

    Mais l’Histoire ne s’arrête pas toujours aux « guerres froides ». Au vingtième siècle, la course à l’énergie a été le principal moteur des guerres internationales. Personne ne doute que la prochaine der des der ait lieu sur cette question (et sur celle de l’eau).  Apparemment, il en est qui veulent accélérer les choses. A suivre !



[1] Dommage que l’Empereur Napoléon, qui leur commanda des recherches pour trouver un moyen de contourner le blocus continental, ne l’ait pas fait avant. Il aurait pu s’épargner d’avoir à rétablir en 1799 l’esclavage aboli en 1794 aux Antilles françaises. Ah, si Joséphine avait été picarde plutôt que martiniquaise !…

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