Valls rase gratis ! Demain, après-demain et à la Saint-Glinglin…

    Cet après-midi, je me suis astreint à écouter le discours de politique générale de Manuel Valls à l’Assemblée nationale. Voici une interprétation de son discours sur trois modes : le objectif, subjectif et critique. Autrement dit, que valent les propositions de Manuel Valls  ?Dans l’absolu ? Inscrites dans le contexte économique, politique et social du moment ? Au regard de ce que, selon moi, il faudrait faire ? Et quelles sont les intentions cachées ?

Des promesses tous azimuts.

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    Remarque liminaire : les députés de l’UMP se sont livrés à un chahut consternant et absolument scandaleux qui me fait, à titre personnel, regretter encore plus que la défaite de la Gauche aux Municipales profite à ces gens arrogants et oublieux du passé récent et qui sont au moins autant qu’elle responsables de la situation de notre pays. Il est vrai qu’on a la droite la plus bête du monde !  

    Manuel Valls vient de décliner le programme que François Hollande a annoncé dans son discours de janvier dernier et reproduit, avec un volet social supplémentaire (le « pacte de solidarité ») au lendemain de la déroute aux Municipales. Ce projet comporte trois volets : le « pacte de responsabilité », autrement dit les mesures en direction des entreprises ; des économies de dépenses publiques ; la simplification du mille-feuille territorial. S’y ajoute le désormais fameux « pacte de solidarité » en faveur des salariés et des ménages modestes. (Pour le détail, je renvoie le lecteur à l’article de Rue89, qui me paraît le plus simple et le mieux présenté.)

    Le pacte de responsabilité est un ensemble de réductions d’impôts et de charges sociales des entreprises, soit quelque 20 mds€ sur deux ans, qui s’ajoutent aux 20 mds€ du CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi), une usine à gaz censée renforcer l’économie française exposée à la compétition internationale et qui, finalement, profite surtout à des entreprises sans concurrence comme la Poste. (Les lecteurs de la France Confisquée savent pourquoi.)

    Les coupes dans la dépense publique ne sont pas précisées ; on sait seulement que l’État est concerné pour 19 mds€, l’Assurance maladie à hauteur de 10 mds€, de même que les Collectivités territoriales.

    La réforme territoriale, elle, consiste en la réduction du nombre de Régions de moitié (2017), la reconfiguration des intercommunalités (2018) et la suppression des Conseils départementaux (2021), lesquels sont juste en train de remplacer les Conseils généraux.

    Le « pacte de solidarité » est une réduction des cotisations pesant sur les salariés touchant moins de 1,3 smics et un allègement des impôts payés par les ménages modestes.

    Ainsi déclinées, les mesures annoncées par Manuel Valls ont tout pour séduire. Qui, en effet, se plaindrait de ce qu’un gouvernement veuille favoriser la compétitivité de ses entreprises, améliorer le pouvoir d’achat de ses citoyens les plus modestes et simplifier le tissu politico-administratif de son pays ? Mais, à ce catalogue de bonnes intentions, il manque une donnée essentielle : puisqu’on ne peut recourir à l’emprunt, et puisque la Gauche ne se résout pas à une augmentation substantielle de la TVA, qui paiera ? Ce ne sont pas les plus riches car on se refuse à s’attaquer aux niches fiscales (85 mds€ chaque année) rendues nécessaires par l’entêtement de tous les politiques depuis trente ans à maintenir une fiscalité à des taux nominaux insupportables. Ce ne sont pas tous les Français puisque la moitié d’entre eux ne paie pas d’impôts directs et près d’un tiers vit de transferts sociaux (c’est le cas de seulement 15% des Allemands). Donc, ce seront, une fois de plus, les classes moyennes basses, celles qui n’ont droit à rien et contribuent à tout.

L’État aux Français : « Donnez-moi dix francs, je vous donnerai cent sous ! »

    La preuve tient dans le calendrier de ces mesures. Aucune n’est prévue avant 2015. Je me mets à la place des 90% de salariés qui entrent dans le champ de la réduction des charges sociales et pourront « bénéficier des 500 €uros de revenus de plus par an », comme disent les médias : comment peuvent-ils y croire alors que les mesures antérieures sont, elles, déjà appliquées ou le seront dès la rentrée ? Je pense à tous les ménages auxquels on promet une baisse d’impôts en 2015 alors que, en deux ans, ils contribuent à une augmentation de la pression fiscale de 50 milliards. Pourquoi, puisqu’on leur veut tant de bien, ne commence-t-on pas par annuler les mesures qui prendront effet en septembre 2014 ?

rond-point-villeurbanne                                                                                                Des gaspillages comme celui-là, il y en a pour 6 mds€.

    Quant aux entreprises petites ou moyennes qui paient plein pot 33% d’impôt sur les sociétés (38% avec la surtaxe exceptionnelle dont Manuel Valls nous présente la suppression à la fin de l’année comme un cadeau) alors que les sociétés du CAC 40 en paient en moyenne 3% et que quatorze d’entre elles n’en règlent aucun, en quoi la promesse d’une réduction de leur contribution dans les années à venir peut-elle les aider cette année ?

Et si Valls cherchait simplement à gagner du temps ?

    Mais, en vérité, Valls ne fait que gagner du temps. Rien de ce qui est annoncé n’est faisable, pas même la réforme territoriale, dont je parlerai plus loin, et qui m’a tout l’air d’une malice politicienne. Je suis de plus en plus convaincu, ainsi que je l’ai écrit hier, que la nomination de Valls à Matignon a pour seul but, en l’absence de toute marge de manœuvre et compte tenu de l’incapacité idéologique de la Gauche à changer de logiciel politique, de jouer la montre en espérant le retour de la croissance…

    Et, en attendant que les Centristes trouvent un biais pour tourner leur veste. Ce qui se prépare déjà, si j’en crois les réactions de plusieurs personnalités de l’UDI et du Modem comme Maurice Leroy (ex-Communiste) ou François Sauvadet, ce soir, à l’Assemblée.

    En réalité, Manuel Valls est comme Nicolas Sarkozy : il croit que dire c’est faire.

Réforme territoriale ou entourloupe politicienne ?

    Quand le Gouvernement socialiste prétend appliquer, non pas aujourd’hui mais demain (jusqu’à 2021 !) une réforme territoriale qu’elle combattait hier, on se dit forcément qu’il y a anguille sous roche. La raison première est que, après la dégelée électorale de dimanche dernier et celles attendues l’an prochain, la Gauche va perdre plus de la moitié de ses fiefs électoraux. Alors, à supposer que le projet de suppression des Conseils départementaux (ex-Conseil généraux) et de redéfinition des intercommunalités soit sincère, il affectera surtout l’UMP et l’UDI. Ce que les cumulards de l’Assemblée, qui ont tout de suite compris, ont accueilli par une bronca.

    Il en est de même de la suppression d’une Région sur deux par regroupements. Mais, là, il y un fond de sérieux. Ce projet n’est-il pas une première avancée vers l’Europe des Régions transnationales chère aux théoriciens de l’Europe supranationale ? Un projet extrêmement nocif pour l’avenir de la France que les patriotes devront craindre au plus haut point. (A suivre)

Valls, amoureux de la France ? Ça dépend de quelle France !

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    En écoutant parler Manuel Valls, cet après-midi, j’ai été, comme beaucoup, touché par ses élans de lyrisme et par son cri d’amour pour la France. Dans la soirée et en vue de cet article, j’ai réécouté soigneusement son discours. Et j’ai compris que la France aimée de Valls,  ce n’est pas la France héritière de Rome, la France éternelle, la France une et indivisible, la France de Clovis, la France des Rois, de la République et des Empires, la France de Barrès autant que celle de Péguy. Ce n’est pas toute la France dont il endosse l’héritage et l’histoire.

    Non, Manuel Valls n’aime pas LA mais UNE France, la France de « Valmy, de 1848, de Jaurès, (« de Clémenceau », a-t-il ajouté timidement, de peur de heurter ses copains socialistes), de la Résistance, de De Gaulle ». Valmy, c’est-à-dire la Révolution française, le massacre des Vendéens, ceux de Septembre 1792 (Anatole France, Les Dieux ont soif), la Terreur, la guillotine ? Quelle Résistance ? Celle de Thorez ? Quel De Gaulle ? Celui du 13 mai 1958, du bradage de l’Algérie française, du 5 juillet 62 d’Oran, de l’abandon des Harkis ?

    Et puis, quelle est cette façon d’aimer la France qui vous fait accepter de la voir dissoudre dans une Europe souveraine ? Comment peut-on aimer la France et voter des lois sociétales contre nature qui s’en prennent directement aux fondements de sa civilisation ? Aime-t-on la France, quand, comme Ministre de l’Intérieur, on fait des lois organisant son invasion par des populations nullement désireuses d’en adopter les mœurs ?

   Ce faisant, Manuel Valls ressemble beaucoup, en réalité, aux UMP. Pour avoir été au RPR, je puis témoigner que ce parti est truffé de Rouges qui s’ignorent et qu’il est entièrement noyauté par l’anti-France. J’ai encore eu l’occasion de le constater récemment, à l’occasion des Municipales à Béziers (Je vous raconterai). C’est pour cela que la pseudo-Droite le regarde comme l’un des siens.

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