La corruption, encore et toujours !

L’exemple vient d’en haut.

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    Connaissez-vous Faouzi Lamdaoui ? Ce natif de Constantine co-fondateur avec son « pays » Georges Morin (l’ami de Manceron, Stora, Daum et Besnaci-Lancou) de l’association Coup de Soleil est sous le coup d’une enquête pour dissimulation de revenus au fisc et usurpation d’identité. Sa femme, dont il avait emprunté l’identité pour créer deux sociétés (récemment dissoutes), ayant déposé plainte contre lui, l’enquête a mis au jour le versement de très grosses rémunérations qu’il a oublié de déclarer. Ce fait relèverait tout juste de la délinquance en col blanc passible, selon les souhaits de Dominique de Villepin, d’un simple TIJ, si l’homme n’était pas depuis 2012 conseiller de François Hollande, chargé des questions d’égalité et de diversité. Autant dire le porte-parole du lobby algérien au cœur du Palais de l’Elysée.

    Une fonction grassement rémunérée (11 000 € en moyenne), qu’il cumule avec un mandat d’adjoint au maire d’Argenteuil et une vice-présidence de la Communauté d’agglomération Argenteuil-Bezons, toutes généreusement indemnisées, et qui ne l’a pas empêché de faire des affaires privées. Je serais curieux, d’ailleurs, de connaître la liste des donneurs d’ordre des deux sociétés incriminées. Je ne serais pas étonné qu’en plus de la fraude fiscale, il y ait là derrière une affaire de trafic d’influence.

    Avant de faire l’objet d’une enquête pour cause de pratiques pour le moins inciviques, ledit Lamdaoui s’est fait remarquer à la façon d’un Aquilino Morelle. Lui n’a pas fait venir un cireur de chaussures de luxe à l’Elysée ; alors qu’il venait de sa faire retirer son permis de conduire pour cause d’excès de vitesse, il avait juste inventé une histoire de menace de mort pour se faire attribuer une équipe de gardes du corps avec voiture pour le balader dans Paris et sans doute ailleurs. Mais, au lieu de profiter discrètement de son privilège indu, il a voulu jouer les divas. Mécontent de ne pas trouver de pain au chocolat en entrant dans sa voiture (il aurait du en parler à Copé !), le conseiller s’est plaint au SPHP (Service de protection des hautes personnalités). C’était le 30 juillet 2013. Au lieu de le virer, Hollande se contenta de lui supprimer la protection et la voiture. Loin de faire profil bas, Lamdaoui fit jouer sa garde rapprochée et organiser une campagne accusant Charlie Hebdo, qui avait relaté l’affaire, de racisme et d’islamophobie. Des accusations relayées par de nombreux sites web et par la presse algérienne.

    Comme quoi, la racaille ne sévit pas que dans les banlieues, où, d’ailleurs, elle peut à la rigueur s’expliquer. Quand un Algérien a la chance de bénéficier de la plus belle des réussites grâce au pays qui l’a accueilli, quand, mieux encore, il a le privilège d’en devenir un haut personnage au plus près de la tête de l’État, il n’a qu’un chose à faire : se tenir à carreau et travailler double pour rendre à ce pays et à cet État ce qu’ils lui ont donné. Au lieu de quoi, tendez-leur la main, ils vous bouffent le bras.

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Bygmalion prenait partout !

 images A droite, Bastien Millot, le patron de Bygmalion.

    On a donc vu Bygmalion prestataire de services privilégié de l’UMP et d’une multitude de municipalités tenues par le parti, on la sait particulièrement gâtée par France-Télévisions, voici qu’on apprend qu’elle avait aussi la cote au    ntact et disciplines associées (boxe thaï, kick boxing, etc.), fondée en 2008 et dirigée par des proches de Nicolas Sarkozy, recevait un an plus tard une subvention de 423 261 € suivie l’année suivante d’une autre de 310 857 €. Jusque là, rien d’anormal s’agissant d’une fédération sportive nationale regroupant 10 000 licenciés. Là où on tique, c’est de constater que, en 2009 et 2010, la FFSCDA versait à Bygmalion 89 926 et 66 258 € pour de mystérieuses prestations. Je passe sur les démarches des adhérents pour obtenir des explications et des justificatifs. Vous l’aurez deviné, sans succès si ce n’est des factures aux intitulés aussi douteux que ceux figurant sur celles acquittées par France-Télévisions réglées à Bygmalion.

    De leur côté, les dirigeants du MEDEF ont découvert la semaine dernière qu’une filiale de Bygmalion, Events & Cie, dirigée par un proche de Copé, bénéficiait auprès du Medef Île-de-France d’un contrat pour une prestation qui n’est pas de sa compétence : la rédaction et la publication de la revue du MEDEF-IDF. Qui dit revue dit pub et qui dit revue syndicale dit pub sur-sur-sur-facturée. C’est, notamment, une des moyens les plus performants pour détourner des fonds de la formation professionnelle. Dans l’affaire qui nous intéresse, ça ne rate pas ; plusieurs institutions chargées de la gestion paritaire desdits fonds et dirigées par des représentants syndicaux apportent leur obole à la revue dont la fabrication a été miraculeusement et étonnamment confiée à Events & Cie : Opcalia et Réunica, dirigées par des représentants de FO ; Ipeca, dont le vice-président est membre de la CFE-CGC (cadres). (A suivre !)

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A France-TV, il a eu un « après Patrick de Carolis » pour Bygmalion !

 408553-325431604228603-1828071877-n                                                                                                                  Patrick de Carolis et Rémy Pflimlin

    Non seulement Rémy Pflimlin, le successeur de Patrick de Carolis (qu’il vient de suspendre d’antenne) nommé de manière discrétionnaire à France Télévisions par Sarkozy en août 2010 a maintenu et reconduit des contrats en cours avec Bygmalion, mais il en a signé de nouveaux. Les deux contrats reconduits portaient sur 380 000 € pour des prestations de « veille internet » et de traitement de courrier des lecteurs (!). Les téléspectateurs seront, au passage, contents d’apprendre que c’est une boîte extérieure à la Télé qui répond à leurs courriers.

    Mais Pflimlin n’en est pas resté là ; en octobre 2010, il a confié à Bygmalion une drôle de mission dite d’« Accompagnement stratégique » de la Direction de France Télés. C’est bien connu : il n’y a pas assez d’Enarques à la télé publique pour aider le patron à définir sa stratégie et à la mettre en œuvre. Il était donc urgent d’en appeler à la compétence des amis de Copé. En quoi consiste leur boulot ? « Fourniture d’éléments de langage spécifique lorsque l’actualité le nécessite », remise d’une « note de synthèse concernant l’actualité institutionnelle et médiatique » (en fait lire la presse du matin et en faire un résumé), « organisation de rendez-vous pour le compte de France-Télévisions ». Quel prix pour cette formidable expertise ? 15 000 € par mois, soit 180 000 € par an. Payés par la redevance et sans mise en concurrence, ça va de soi ! Et pour le café, rien ?

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