Mars 1962, mensis horribilis…

Quand les Piénoirs pleurent leurs morts, l’anti-France ricane

26_mars_62_Alger                                                                                           Alger, 26 mars 1962

    En ce triste mensis horribilis de mars, tandis que les Piénoirs commémorent et se lamentent, l’anti-France se gausse dans les médias.  Lors de la journée du 14 mars à Béziers, j’ai été interviewé pendant  près d’une heure par un jeune reporter de France Inter qui me dit travailler pour l’émission « Interceptions » ou un truc comme ça. Il m’avait également parlé du site la-bas.org sans que ça me fasse tiquer. J’ai découvert après coup qu’il s’agissait du site payant (et sans doute subventionné) créé par Daniel Mermet à la suite de l’arrêt de son émission « Là-bas si j’y suis » sur France Inter.

    Les deux articles-émissions qu’il en a tirées sont tout à fait dans la veine de ce que les porteurs de valises et porte-parole du FLN savent faire : une réécriture de l’Histoire à leur sauce à la gloire des fellaghas algériens et, plus sûrement, pour flatter leur propre illusion d’être dans le « bon » camp, celui des bobos anticolonialistes rétrospectifs assis sur leur cul.

    Faute de récupérer l’intégralité de mon interview (détruite au montage, paraît-il !), le reporter Gaylord Van Weermirsch m’a envoyé le lien me permettant de télécharger l’émission du 19 mars « Robert contre les envahisseurs » où mon témoignage figure (vers la 43ème minute). Des propos auxquels je n’ai rien à retrancher ni ajouter si ce n’est que je me réjouis en pensant à la tête que Mermet et sa bande ont dû faire en l’entendant.

    A cette heure, je ne dispose pas de celle du 20 mars. J’ai posté, à l’attention de ses lecteurs, un commentaire sous l’article du 20 mars, non publié à cette minute. Pour ceux que cela intéresse…

39 millions de nostalgiques de l’Algérie française

    Que voici une splendide entreprise de réécriture de l’Histoire ! Plus de cinquante ans après la fin de la Guerre d’Algérie, Mermet et ses amis Piérouges et porteurs de valises nous resservent les clichés habituels sur l’Algérie française. Avec, en vedette, le haineux Pierre Daum[1] qui ne perd pas une occasion de traiter les Piénoirs de racistes et écrit sur commande du FLN une histoire conforme aux intérêts des bandits (c’est la traduction du mot fellaghas) auxquels De Gaulle et ses complices socialistes et communistes ont livré l’Algérie et son peuple. Et Fatima Besnaci-Lancou, la fille de Harki renégate qui s’est acheté une position sociale et médiatique en se vendant aux ennemis de son père.

    Ce que ces gens ne vous diront pas, c’est que les Algériens – qui ont donné cinq fois plus de combattants à l’Armée française qu’à l’ALN, étaient dans leur très grande majorité opposés à l’indépendance de l’Algérie. Ce qu’on ne vous a pas dit, c’est que les Algériens n’ont pas voté au référendum du 8 avril 1962 entérinant les accords d’Evian et prévoyant l’autodétermination et que les Métropolitains, eux, n’ont pas voté à celui du 1er juillet 1962 sur l’indépendance. Cela signifie que, par une manœuvre parfaitement illégale et anticonstitutionnelle (mais De Gaulle n’en était pas à un coup d’état près !), la France n’était plus considérée comme « une et indivisible » (Const. 1958, Art 2 : La France est une République indivisible […]. Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple). Son peuple était arbitrairement partagé entre Français et « Algériens » et 15 départements d’Algérie étaient de facto considérés comme indépendants avant même toute consultation.

    Surtout, ce qu’on occulte soigneusement (et que j’ai dit dans mon témoignage du premier épisode de l’émission), c’est non seulement qu’il y a aujourd’hui des millions de nostalgiques de l’Algérie française ici, en France, mais, surtout, qu’il y en a 39 millions d’autres en Algérie même ; 39 millions de cocus de l’Histoire pour qui le graal s’appelle « visa » pour la France ; 39 millions d’Algériens dont la moitié au chômage tandis que les chantiers publics sont pleins d’ouvriers chinois ; 39 millions de mal nourris (l’Algérie importe 95% de sa consommation) alors que l’Algérie indépendante avait hérité d’une agriculture florissante ; 39 millions de « clochards », aurait dit De Gaulle, alors que leurs bourreaux se gavent de l’argent du pétrole et du gaz : un préfet algérien s’en met assez dans les poches pour pouvoir s’offrir des appartements Avenue Foch à Paris !

    Ce qu’on ne vous dira pas, c’est que l’indépendance de l’Algérie a mis fin aux réformes politiques et, surtout, au plan de Constantine qui, depuis 1956, avaient mis en œuvre en accéléré les réformes capables de mettre fin aux disparités à l’origine de la révolte. Ce, au profit d’une dictature exercée depuis cinquante ans par une clique d’incapables islamo-socialistes.

    Mais les porteurs de valises rétrospectifs n’en ont cure : leur combat, qui n’est pas celui des Algériens, est idéologique, comme celui de leurs ancêtres du réseau Janson qui donnaient aux fellaghas des balles pour tuer des soldats français et des bombes pour semer la terreur chez les civils. Le « peuple algérien » dont Mermet, Daum, Manceron et Stora se gargarisent, en réalité, n’est que le matériau et l’instrument avec lesquels, au fond, ils ne cessent de soigner leur propre névrose et leur propre haine de la France.

    Ce n’est pas l’Algérie française que ces gens haïssent, c’est la France.

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[1] Qui continue son entreprise de réécriture systématique de l’Histoire avec un livre sur les Harkis restés en Algérie. Pour les masos, voici son interview sur El Watan.

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7 réponses à Mars 1962, mensis horribilis…

  1. jany dit :

    Encore une fois,tout à fait d’accord avec vous Kader. Je pense qu’il n’y a que ceux qui l’ont vécu et leurs proches qui peuvent connaitre la vraie Histoire. C’est sur que bon nombre de métropolitains seraient scandalisés par la Vérité et nous comprendraient mieux aux vues de ce qui se passe dans le monde actuellement. Car lorsque nous racontions que les fellaghas massacraient d’autres arabes, d’autres musulmans, on nous répondait systématiquement que c’était impossible ! Maintenant, ils en ont la preuve.
    A part ça, j’ai été très heureuse d’entendre votre voix à défaut de vous rencontrer.
    Cordialement

    • LENAIN Jac dit :

      Qui ça, « on » ? Car n’importe quel Français d’un certain âge ou doté d’une culture basique sait bien que le FLN massacrait en grand nombre, « arabo-berbères musulmans » comme « européens », pour imposer son pouvoir…Ce qui ne change rien au fait que les Pieds-Noirs étaient aveugles (le FLN n’est pas tombé du ciel et sa victoire n’est pas un don de Dieu…ou un méfait du Diable), et que l’indépendance de l’Algérie était inévitable. La souffrance peut « expliquer » les erreurs, elle ne les efface pas…

  2. Brétagnol Michel dit :

    Voilà qui est bien dit Kader, vous dénoncez l’imposture et le mensonge que votre voix ne cesse de se faire entendre. Suis heureux d’être le contemporaine d’Hommes tels que vous.

  3. ODIN dit :

    M. Kader, très sincèrement j’admire votre fidélité à la mémoire de votre père.

  4. LENAIN Jac dit :

    La séparation de l’Algérie et de la France était indispensable car inévitable…Mais elle aurait pu se faire autrement…Donnons du temps au temps pour discerner les responsables de ce drame.
    Présentement, et pour la France même, il faut mieux agir pour la Wallonie française, un futur proche à préparer (puisque la Wallonie et la Flandre vont se séparer, eux aussi)…que pour l’Algérie française, un passé…qui passera.
    Quant à la nostalgie, le souvenir la mémoire, cela concerne d’abord les victimes, tous respectables, mais qui ne peuvent parler au nom de la France entière.

  5. gudule dit :

    nous devons rester vigilant. NOUS NOUS SOMMES PAS DUPES. Les personnes qui veulent continuer à falsifier et réécrire l’histoire depuis 60 ans se rendent comptent que la vraie histoire est en train de s’écrire. Il y eu de l’injustice mais comment comprendre qu’il y eu si peu d’algériens qui ont participé à cette guerre de libération bien souvent sous la pression du fln. Pourquoi en étant si peu nombreux ils ne sont jamais pu mettre en place un front uni au sein même du fln.Les purges incessantes qui ont fait 25000 morts.Et ne parlons du combat entre le fln et le mna. OU ETAIT LE PEUPLE ? Je vous trouve excessif contre Mme Benasci Lanscou elle fait un excellent travail même si je ne partage pas ces analyses mais surtout ces appuis comme la ligue communiste des droits de l’homme et tout ceux qui nous ont ostracisé pendant 60 ans et nous ont découverts des qualités des Jean Daniel des Jacques Lanzmann. L a communauté des anciens harkis a toujours été divisé on les a bien aidé pour cela E ssayons de nous retrouvez sur l’ essentiel à savoir la reconnaissance du massacre des harkis de la façon dont nous pouvons ester en justice avec les pieds noirs pour que la France soit condamné pour ne pas avoir su et pas voulu faire respecter lea accords d’Evian. O n aurait dû le faire depuis longtemps. Il ne faut se poser de question.

  6. angel dit :

    C’est triste de voir et d’entendre cela … la grande faucheuse arrive à grand pas et beaucoup de français pleureront leur manque d’objectivité envers les envahisseurs

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