Maire ou directeur de journal polémique ? Robert Ménard doit choisir.

Le Journal de Béziers est devenu le Gringoire de Ménard

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    Robert Ménard est devenu Maire de Béziers pour assouvir une seule passion : la communication, de préférence au service de sa propre image. Quand il le fait dans le cadre de la politique de communication de la Ville, on peut l’admettre, même quand ce n’est ni fin ni pertinent, comme c’est le cas pour les campagnes d’affichage vantant le « nouvel ami » de la police municipale. Quand il s’agit d’utiliser le bulletin municipal pour régler ses comptes avec des adversaires politiques (lire Quand le Maire de Béziers utilise l’argent public pour dénoncer une cabale contre Robert Ménard), c’est moins admissible. C’est ce que je lui ai signifié dans ma lettre ouverte du 6 février dernier, laquelle m’a valu les foudres de ceux de mes lecteurs qui ont abdiqué tout sens critique et se comportent comme des groupies plus que des citoyens.

    Comme il n’a pas pris la peine de donner suite, ne serait-ce qu’indirectement, je lui ai écrit une lettre recommandée avec accusé de réception dont il n’a pas, justement, accusé réception, pour lui signaler que j’y voyais l’utilisation d’argent public à des fins privées. Non seulement, le maire de Béziers n’a pas daigné donner suite à la requête du citoyen biterrois que je suis mais, depuis, il ne cesse de récidiver. Evidemment, n’étant pas un opposant systématique disposé à faire des cadeaux à ses adversaires UMPistes, je ne passe pas mon temps à faire le compte de ses dérives et de ses entorses à ce qui me paraître lever de la plus élémentaire vertu publique. De là à tout laisser passer !

    Cette fois-ci, le Journal de Béziers, que j’ai reçu dans ma boîte à lettre cet après-midi, contient deux pages où Ménard célèbre son « grand chelem » départemental et deux où il se moque sans retenue d’un conseiller municipal d’opposition qui a le culot de contester son budget. Qu’il le fasse, c’est au minimum, médiocrement pertinent, mais qu’il profite pour cela du bulletin municipal, voilà qui n’est pas admissible. En quoi l’élections de ses candidats au Conseil départemental regarde-t-il ses administrés municipaux au point de mobiliser le budget de la Commune pour s’en vanter ?

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    Mais il semble que Robert Ménard ait perdu tout ses commun. Le 7 avril dernier, les panneaux d’affichages de Béziers étaient couverts de 130 affiches dénonçant la fermeture des Galeries Lafayette locales. Mais il ne s’agissait pas d’une simple campagne de solidarité avec les 60 personnes menacées d’y perdre leur emploi. Non ! Les affiches s’en prennent nommément à Madame Ginette Moulin, la propriétaire des galeries. Voici ce qu’on y lit : « Cette femme possède deux milliards d’euros mais elle en veut encore plus! » ; « 2015 : elle ferme son magasin de Béziers… 2016 : elle en ouvre un au Qatar« , « Galeries Lafayette ; le fric vit plus fort », le tout, autour d’une caricature scandaleuse de Mme Moulin.

    Pour information, le feuilleton dure depuis cinq ans, les Galeries Lafayette perdant de l’argent en quantités astronomiques depuis la construction par l’ancienne municipalité du centre commercial Polygone qui a achevé de ruiner le centre-ville de Béziers. Robert Ménard aurait pu s’en prendre à son prédécesseur et fustiger à deux pas du centre-ville de ce qui a toutes les apparences d’une opération immobilière où au moins les copains (pour les coquins, je ne sais pas) n’ont pas manqué de se gaver d’argent public. « Au cours d’une conférence de presse, nous dit l’Indépendant, Robert Ménard a menacé de prendre d’autres mesures de rétorsions, la campagne d’affiches étant une « première étape » et son « imagination sans limite ». « Les Galeries Lafayette se présentent comme un groupe aux valeurs familiales, ils sont tout le contraire. Quitter Béziers pour aller au Qatar, c’est peut-être bien sur le plan économique. Mais au niveau social et humain, c’est un scandale« , a estimé le maire de Béziers. »

    Que de soudaine vertu patriotique, tout d’un coup, de la part de celui qui, grâce à l’entregent de Dominique de Villepin (qui a ses entrée rémunérées au Qatar), est allé prendre sa part du gâteau qatari pendant deux ans via la création d’une école de journalisme ! Moralité : y’a bon le Qatar quand il s’agit de prendre de l’oseille et le Qatar caca quand c’est un autre qui y investit…

    Comme le mélange des genres ne le dérange pas, Robert Ménard Maire de Béziers n’hésite pas à faire de la pub à Ménard Robert en citant son complice Dominique Jamet écrivant dans leur site d’élucubrations (et non d’informations) Boulevard Voltaire. A charge pour celui-ci de lui renvoyer l’ascenseur en lui « accordant » une interview dans laquelle il fait l’éloge de sa campagne de délation (lire).

    Franchement, s’il s’agissait d’un autre maire que celui de Béziers, je m’en ficherais totalement car chacun doit faire le ménage chez soi avant de donner des leçons aux autres. Les Français ont les élus qu’ils méritent et, hormis les fanatiques qui ne voient pas plus loin que leur haine du système en place, les Biterrois commencent à comprendre que le maire qu’ils se sont choisi en 2014 n’est peut-être pas digne de leur confiance. Par-dessus le marché, ils commencent à compter ce que cela leur coûte. En effet, toute cette orgie de communication au ras du bitume a un coût : 730 000 € inscrits au budget (+ 167 % pour la ligne “publicité, publications, relations publiques” qui passe de 193 900 à 518 400 € ; une nouvelle section “publication” est dotée de 49 800 € ; enfin le bulletin municipal a droit à un budget annexe de 162 000 €).

    Il va sans dire que,  cette fois encore, le citoyen que je suis va écrire dès demain à son maire pour lui demander des explications.

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5 réponses à Maire ou directeur de journal polémique ? Robert Ménard doit choisir.

  1. Martinez dit :

    Vous avez raison Kader au sujet de Plenel, le rouge et le FLN, je suis tout à fait d’accord, mais vous savez quelquefois, il vaut mieux laisser nos rancunes de côté et battre le fer, tant qu’il est chaud. Mais je vous comprends sincèrement. Georgette

    • Kader Hamiche dit :

      On peut pardonner à celui qui a combattu et donné son sang, pas aux idéologues assis sur leur cul qui envoient les autres au casse-pipe. A plus forte raison quand ils ont quarante ans de recul pour comprendre qu’ils se sont trompés. Ce type ne s’est jamais remis en question. Moralement, Plenel est un criminel récidiviste doublé d’un lâche. De surcroît, il n’a jamais eu un mot de compassion pour les victimes de ses amis fellaghas. Pas de pardon !

  2. Martinez dit :

    Bonsoir! Connaissant la situation
    économique de la France et voir un maire dilapider l’argent public pour sa com. C’est inadmissible. Puisque ce monsieur â pris la grosse tête et qu’il ne répond pas aux courriers reçus de ses administrés, il serait préférable de préparer un dossier et de l’adresser à Médiapart qui se chargera d’une enquête et la publiera, avant qu’il soit trop tard. Qu’il n’est pas le temps de dépenser tout l’argent public, comme cela a été fait à Vitrolles et à Toulon. Il faut y remédier rapidement. Quand on sait qui est Ménard, un vrai mytho. J’ai eu l’occasion de voir la vidéo sur le 5 juillet 1962 un tissu de mensonges, et un manque de respect pour ceux qui étaient là-bas et qui ont perdu un Être cher. Robert Ménard était un enfant, à l’époque et ils étaient rentrés en France, depuis au moins 6 mois, comme Liane Folie ou ses parents étaient droguistes à Oran. C’est fou de le voir mentir avec cet aplomb. En tant que maire, il ne fera rien de bon et les citoyens vont s’en mordre les doigts, d’avoir voté pour lui. Amicalement. Georgette

  3. MIGLIACCIO dit :

    La com dans notre société est devenue un mal nécessaire, tout est dans le superficiel, l’image, Il faut utiliser les armes de ses adversaires ; de là à la faire avec l’argent public, ce n’est pas très joli, joli, car cela ne sert pas la cause de tout le monde.

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