Quand on reparle de Charlie Hebdo

Quatre mois après, le public découvre les turpitudes de Charlie

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Zineb El Rhazou (à droite) et Patrick Pellous

    Deux femmes sont dans l’actualité de Charlie Hebdo. La première, Zineb El Rhazou, est une sociologue et journaliste engagée et en danger à un point tel qu’elle est protégée par six gardes du corps ; la seconde, Jeannette Bougrab, est une des ces créatures du système de promotion à la française des « minorités visibles ». Ces deux femmes ont un point commun : toutes deux sont liées à Charlie Hebdo. La différence est que la première, féministe berbère franco-marocaine, membre de la rédaction du journal, l’est par la plume ; l’autre, sélectionnée par le système pour ses origines et qui, à ce titre, collectionne les emplois fictifs et les promotions sans mérite, se rattache à Charlie par la queue, pas la sienne, celle de l’ancien directeur du journal, dont elle continue de prétendre qu’elle était la « compagne ».

    Les deux sont dans l’actualité immédiate : la première, pour une sombre histoire de licenciement, dont on a appris ce matin qu’elle était levée ; la seconde, pour cause de publication d’un livre très dans l’air du temps, c’est-à-dire scandaleux non pas par ce qu’il contient mais par la façon dont il est promu. Un exemple : à propos de Luz, son rival successeur de Charb à la tête de Charlie Hebdo, qui renonce à dessiner contre les islamistes : « il finit le travail [entamé le 7 janvier par les tueurs]. La greffe qui marche le moins bien, c’est la greffe de couilles. » Laquelle, selon vous, fait le plus de buzz ? Evidemment, la seconde ! Il est vrai qu’elle a droit à On n’est pas couché ! ce qui lui vaudra de nombreuses ventes auprès de « lecteurs » plus friands de (po)potins que de littérature.

    L’actualité de ces deux femmes permet de braquer l’attention sur deux phénomènes que je n’ai cessé de dénoncer. Le premier est celui relatif aux suites de la tragédie du 7 janvier qui a fait 17 morts et entraîné un formidable mouvement de solidarité des Français pour Charlie Hebdo (lire La bande à Charlie pas à la hauteur des Français et autres articles consacrés) ; le second est l’omniprésence de ce lobby des lobbies qu’est la French American Foundation dans toutes les strates de la puissance publique.

    Sur le premier phénomène, j’ai très vite posé la question de l’incapacité de l’équipe de Charlie à rendre aux Français ne serait-ce qu’une once de leur générosité. Alors que celle-ci avait valu au journal quelque 30 millions d’€uros de rentrées financières extra-ordinaires sous forme de dons, d’abonnements et de super-ventes de leur journal, elle s’est montrée très pingre et plus que timorée quand il a été question d’en faire profiter les autres victimes des attentats de janvier. A l’occasion de l’affaire El Rhazou, on va de révélations en révélations. Parmi elles, celle d’après laquelle, selon des sources internes, seules quatre familles de victimes des attentats ont, à ce jour, reçu une aide financière de 20 000 euros (mazette !) de Charlie Hebdo. Bon an mal an, l’essentiel de cet argent profitera aux actionnaires du journal, dont on apprend qu’ils sont… 3 ! Les plus dotés sont Luz et Charb (40% chacun), le troisième étant le directeur financier Eric Portheault (20 %). Une situation contestée au sein même du journal par un groupe, dont Zineb El Rhazou et Patrick Pellous faisaient partie, qui a, sans être relayé par les grands médias, publié une tribune dans Le Monde du 31 mars : « Pour une refondation de Charlie ». Afin, notamment, de permettre aux actionnaires d’échapper au fisc, il est question de la création d’une fondation. Pour cela, l’avocat du journal, Richard Malka, qui est aussi celui de DSK, a fait appel à la communicante Anne Hommel, qui a notamment œuvré pour… DSK et Jérôme Cahuzac ! Ainsi, cet argent généreusement dispensé par des Français émus par l’assassinat de Cabu et de ses complices, et par des institutions publiques comme la Caisse des dépôts et consignations ou la Banque publique d’investissement, mais encore par des entreprises privées comme les imprimeurs, tous subventionnés, le tout faisant l’objet d’énormes ristournes fiscales, cet argent, donc, non seulement n’a pas bénéficié aux autres victimes de Coulibaly et des frères Kouachi mais il fait aujourd’hui l’objet d’une honteuse spéculation par quelques individus méprisables.

Young Leaders_Jeannette_Bougrab

    L’autre confirmation de cette actualité croisée autour de Charlie Hebdo est l’omniprésence de la French American Foundation dont je ne cesse de dénoncer le rôle central dans toutes les affaires qui regardent la République (res publica). Comment, en effet, expliquer qu’une femme aussi nulle que Jeannette Bougrab puisse bénéficier d’autant de passe-droits depuis qu’elle est entrée en politique ? A l’origine, Pierre Mazaud qui fut pour Jeannette Bougrab ce qu’Albin Chalandon (mari de Catherine Nay, sa grande amie) fut pour Rachida Dati : un parrain, un protecteur et un super-piston. Dès que celui-ci la découvrit en 2002, sa carrière prit un formidable élan : secrétaire nationale de l’UMP chargée des « discriminations » (normal : en politiquement correct, arabe = discriminé, même si vous êtes juriste au Conseil constitutionnel puis Maître de conférence à la Sorbonne puis à Sciences-Po) et membre du Haut conseil à l’intégration et du conseil d’administration de l’Institut du monde arabe, du Conseil d’analyse de la société et du Conseil d’orientation et de réflexion de l’assurance grâce au piston de son autre mentor, le grand manitou Claude Bébéar, avant de trouver une jolie sinécure comme présidente de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances et de la Halde (où elle a obtenu le doublement de son « indemnité » de 6 900 à 14 000 euros mensuels). Entre-temps, elle s’était fait nommer Maître des requêtes au Conseil d’État au tour extérieur, c’est-à-dire par le fait du Prince en 2007.

    Mais ce n’est pas fini ! Jeannette Bougrab fut ensuite ministre de François Fillon (2010-2012) puis avocate d’affaires, puis échoua au Grand Journal de Canal + où, pendant un an, elle fit étalage de son indigence, avant de revenir… au Conseil d’État en août 2014. Et la voici maintenant nommée (en avril 2015) chef du service d’action culturelle à l’ambassade de France en Finlande. Pas mal pour une victime de la discrimination !

    Pour ceux qui l’ont suivie et entendue, c’est à tomber sur le cul, tant cette femme capable de se draper du drapeau algérien sur le plateau de Canal + après qu’elle a fait pleurer dans les chaumières l’assassinat de son grand-père harki par les fellaghas sue la superficialité et l’incompétence. Sauf à savoir qu’elle fut l’une des élues de la French American Foundation pour participer à son programme Young leaders où transitèrent des gens comme Juppé, Hollande, Montebourg, Kosciusko-Morizet, Wauquiez, Moscovici, Vallaud-Belkacem, Macron, etc. Étonnez-vous après ça qu’elle fasse carrière aussi bien sous l’UMP que sous le PS !

 

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10 réponses à Quand on reparle de Charlie Hebdo

  1. Bernard dit :

    Bonjour

    Merci pour votre blog et pour votre courage. J’apprécie vos prises de position et on peut remercier Hollande et sa clique d’avoir fait émerger de nombreuses personnes comme vous qui disent trop, c’est trop.

    Je souhaitais soumettre à votre appréciation une réflexion qui me taraude depuis les attentats du 7 janvier. Peut être suis-je en plein délire, mais peut être pas… Je ne verrai aucun inconvénient à ce que vous ne publiez pas mon commentaire. je ne fais que (me) poser des questions.

    Vous devez être informé que le soir du 7 janvier, Helric Fredou commissaire principal à Limoges s’est suicidé. On l’a retrouvé dans son bureau dans la nuit du 7 au 8 à 1h du matin une balle en pleine tête. Etant en charge de la protection des parents de Jeannette Bougra, qui avaient fait l’objet de menaces, ce commissaire a envoyé le 7 janvier (ou s’est déplacé lui-même, je ne sais pas) des inspecteurs pour interroger les parents de Mme Bougra, qui habitent à côté de Chateauroux. Il a été dit à sa soeur, Siegrid Fredou, que des inspecteurs de la BRI sont venus de Paris le 7 après midi à Limoges (à l’heure où les Kouachi partaient vers Reims).

    M Fredou s’est-il suicidé suite à une fatigue très forte ou a-t-il été suicidé par qu’il avait trouvé un fait et qu’il estimait devoir en informer le procureur ? En l’état, on ne peut pas exclure un suicide. Mais permettez moi de continuer ma réflexion.

    Pourquoi Jeannette Bougra s’est elle auto proclamée compagne officielle de Charb (avec le soutien de Caroline Fourest qui a relayé cette information dans la presse) ?
    Charb est homosexuel et sa famille a démenti de façon catégorique cette communauté de vie. Alors pourquoi ?
    Par envie d’être au premier plan dans la presse ? Peu crédible, car le risque d’être démentie est énorme et c’est effectivement ce qui s’est passé. Et si c’était juste l’envie de faire les gros titres des journaux, pourquoi Mme Fourest aurait-elle appuyé une telle affabulation ?

    Il y a à mon avis une vraie raison à ce mensonge. Cela revient à se poser la question : que permet juridiquement ou légalement une communauté de vie ?

    Elle permet en particulier des transferts des fonds sans en avoir à justifier la raison. Le journal CH était chroniquement en état de dépôt de bilan. Participait-elle au renflouement du journal en payant les fameuses caricatures avec l’argent de certains qui avaient intérêt à les voir publiées ? Pourquoi l’ancien propriétaire de CH a-t-il dit de Charb, qu’il avait envoyé ses dessinateurs à la mort ?
    Est-ce cela qu’avait découvert Helric Fredou en scrutant les comptes de Jeannette Bougra et en allant demander à ses parents si il y avait une vraie communauté de vie entre eux ?

    • Kader Hamiche dit :

      Comme vous m’interrogez, je vous réponds que je n’en sais fichtre rien ! Je n’ai strictement aucune information et, comme je ne lis pas ce qui circule sur les « réseaux sociaux », je me refuse à m’en faire ne serait-ce qu’une idée sur cette affaire. S’il y a anguille sous roche, nous le saurons un jour ou l’autre. Ce sera dans Médiapart ou dans le Canard !

  2. CactuS dit :

    Un grand merci à Kader pour le travail immense qu’il fait, merci pour faire briller la flamme de la vérité dans tous ses méandres de mensonges. Continuez à faire vivre votre blog. MERCI !

  3. Brétagnol Michel dit :

    On n’a pas fini d’aller de découvertes en découvertes. Ce qui retient mon attention dans ces nouvelles révélations, c’est la rôle tenu par la « french american foundation » qui s’est donné les moyens de disposer de nombreux relais dans la politique française et qui l’infléchit à sa guise. Nous nous croyions gouverné par Bruxelles et la finance internationale, mais celui qui tire les ficelles est situé bien plus haut, il est dans ce machin basé aux USA…et qui s’appelle la « french american foundation et plus particulièrement son ^rogramme « ‘young leaders ».

  4. Miane dit :

    Salut Kader,
    La scène politique française est bien une scène d’illusionnistes professionnels, on ne comprend pas tous leurs tours mais on sait que tout çà n’est qu’illusion !
    Les « Charlie « et les autres dans le même panier de tricheurs qui ne « travaillent que pour eux »
    Accordéoniste je joue inlassablement une valse « Espoirs perdus »…je jouais déjà cette valse vers mes 15 ans en 1955 à Oran…c’était prémonitoire !
    Bon courage.

  5. Robert dit :

    Oui, Kader, vous faîtes bien d’attirer l’attention sur la fondation franco-américaine… Les leviers du pouvoir, dans notre beau pays, vont bien au delà des palais de la République. La République Française a un président, elle a aussi un mentor, résidant à Washington D.C.

  6. dominique dit :

    Cher Kader, même si j’imagine que le recueil d’informations n’est pas le fruit d’une seule personne, je suis toujours en admiration devant tout ce travail d’investigation!
    Je vous remercie d’avoir accepté de reprendre votre blog, c’est toujours un vrai régal. En attendant peut-être un jour une nouvelle formule de média en ligne….

  7. ORSERO dit :

    En résumé, c’est une grosse merde qui traîne en France, une de plus!
    Je suis de + en + dégouté de ce pays!

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