Macron-Juppé : tous ensemble, tous ensemble ! (suite)

Des mouvements spontanés parfaitement orchestrés et sur-médiatisés

francois-ruffin-nuit-debout-n-est-un-mouvement-spontane-il-a-fallu-l-organiser,M322020    Depuis deux jours, je reçois beaucoup d’appels angoissés d’amis et de lecteurs favorables à Peuple & Nation inquiets de nous voir couper l’herbe sous le pied par la multiplication des mouvements « citoyens ». Evidemment, la plupart des Français vierges en politique ont l’esprit trop bien tourné (au contraire du mien) pour envisager que tout cela soit parfaitement mis en scène. Or, c’est très exactement à cela que nous assistons depuis quelques jours avec la complaisance ou, plutôt, la complicité de nos médias subventionnés.

    Mais, avant de disséquer tout cela et de donner à chacun de bonnes raisons de se rassurer, je voudrais revenir sur le cas Macron. Le faux novice (il a quand même trente-neuf ans) a encore fait les délices des « invités » de C dans l’air. (Calvi m’amuse toujours quand il les « remercie d’avoir bien voulu accepter [son] invitation » alors qu’ils ont quasiment leur rond-de-serviette à son émission). Aujourd’hui, l’opération Macron a encore occupé une bonne partie de l’émission alors que son titre était « Tout le monde veut sa primaire ».

    Dès le premier reportage, on apprend que Macron n’est « plus seul ». En cinq jours, il y a déjà pas moins de (vous êtes assis ?) 13 000 personnes qui « marchent » avec lui. Cela me fait penser à une pétition de soutien à lui-même lancée en pleine nuit par Robert Ménard sur son site « Boulevard Voltaire » et qui comptait déjà 67 000 signataires à 5 heures du matin (c’est une heure où je suis souvent au clavier). On dira que le fait que les gens puissent adhérer à son mouvement sans débourser un sou -on y reviendra plus loin – peut aider à recruter vite et beaucoup mais tout de même ! On fait tout de suite connaissance avec un certain Sacha Soulié, jeune homme bon chic bon genre, style premier de la classe, qui a co-fondé (spontanément, ça va sans dire, et bénévolement) « les jeunes pour Macron ». Il nous explique, du haut de ses 23 ans en voyant large que « la société a évolué » et que « les gens, y z’ont envie d’être écoutés ; y z’ont des choses à dire ». J’en déduis que En Marche est d’abord et avant tout un lieu d’expression et d’écoute comme il y en a pour les alcooliques ou les drogués.

    Vient ensuite le témoignage d’un patron. Attention, pas n’importe quel patron ! Ce n’est pas le boucher-charcutier du coin. D’ailleurs, des charcuteries, la bien-pensance des temps va bientôt les interdire. Il s’agit EVIDEMMENT du fondateur et PDG d’une « start-up en plein boom » (je l’écris avec deux o, à l’américaine parce que, boum, c’est français et, chez ces gens-là, le Français, c’est ringard !). L’intéressé est né dans la banlieue parisienne, à Neuilly (pas Neuilly-Plaisance en Seine-Saint-Denis mais Neuilly-sur-Seine). Le jeune homme est apparemment très démerdard car il a déjà bénéficié de pas mal de couvertures média, notamment Le Figaro et le Huffington Post.

    En s’intéressant à sa bio, on comprend tout de suite que cet entreprenant n’a pas monté ses boîtes dans un garage et que de bonnes fées se sont très vite penchées sur leur berceau. Parmi elles, Serge Trigano, fondateur du Club-Med et Didier Pinault-Valencienne, ex-PDG de Schneider. Il y a aussi un certain Philippe Hayat, un polytechnicien conduit par son joli parcours bien balisé, lui aussi, jusqu’au conseil d’administration de la Fondation Entreprendre, créée par André Mulliez (Groupe Auchan). La famille Mulliez est la première fortune de France (38 mds€ de patrimoine) mais elle n’y paie pratiquement pas d’impôts (Lire) grâce à un montage juridique très étudié et une domiciliation en Belgique. Laquelle n’est pas un paradis fiscal… pour les Belges.

    Mais le plus intéressant est Arnaud de Puyfontaine, ex du Figaro et de Lagardère, et actuel Président du Directoire de Vivendi. Ah, j’allais oublier. Ledit Arnaud de Puyfontaine est accessoirement membre du club le Siècle et administrateur de la French American Foundation. Comme on se retrouve ! Faut-il un dessin ?

    De tout cela, on ne dira rien, ni à la télé ni dans nos chers médias subventionnés. A C dans l’air, non seulement on ne cherche pas à comprendre mais, de plus, on ne s’intéresse pas aux curiosités qui sautent pourtant aux yeux. La plus grosse : à 24’56 » du reportage, on entend ce commentaire off : « Au même moment, Emmanuel Macron sera à Londres afin de lever des fonds pour son mouvement auprès de banquiers«  (sic). Et Calvi d’enchaîner sans sourciller : « C’est impossible qu’il nous dise la vérité (on tend l’oreille) ? C’est-à-dire qu’il est en train, tout simplement, de collecter des fonds, d’organiser des équipes, pour soutenir son éventuelle candidature un jour, qui en plus suscite beaucoup d’intérêt, beaucoup de curiosité, [etc.] ? » Caramba ! Encore raté ! La seule question qui vaille ne sera pas posée, si ce n’est ici.

    Cette question, la voici : « La loi n’interdit-elle pas le financement par des entreprises ? » Suivent d’autres questions en rafale : « La loi n’interdit-elle pas les financements d’origine étrangère ? » « Et s’il est question d’emprunts, les banques françaises n’y suffisent-elles pas ? » « Emprunter à une banque basée en Angleterre est-il plus hallal (je ne dis plus « politiquement correct », c’est dépassé !) que d’emprunter à une banque russe ? » Etc.

    Les « invités » Yves Thréard, Hélène Pilichowski, Vanessa Schneider et Brice Couturier se sont bien gardés de ce genre de questions sans doute jugés peu propres à élever le débat. Ils ont préféré nous faire croire qu’ils fréquentaient les marchés de province (concours entre Thréard, Calvi et Pilichowski) ou comparer Macron au Tapie des débuts (Couturier). Ce qui m’a donné l’occasion de me faire plaisir avec quelques tweets jouissifs. (Voir ci-contre).

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    Réjouissante également était la suite de l’émission consacrée aux soi-disant « mouvements citoyens ».  Pour rassurer nos amis inquiets que les « Nuit debout » occupent l’espace et les ondes alors qu’on n’entend toujours pas parler de Peuple & Nation (tout vient à son heure), voici ce qui se cache derrière. Une réalité qu’un ami breton a, sans la connaître, immédiatement pressentie et résumées par ces mots : « Des bobos et des intermittents du spectacle ! » Il ne croyait pas si bien dire.

    Nuit debout a fait suite à une réunion qui s’est tenue, comme de juste, à la Bourse du Travail, de gauchistes rêvant de Grand jour mais souvent bien nourris (par des subventions publiques). Parmi eux, François Ruffin, le rédacteur en chef du journal Fakir et réalisateur du film satirique Merci patron ! Avec lui, une tripotées d’intermittents du spectacle désœuvrés bientôt rejoints par des militants du NPA, d’EELV, de la CGT, de Droit au Logement et, évidemment, du Front de Gauche. Comme gourou autoproclamé, l’inévitable Mélenchon. Autrement dit, un soubresaut de la « gauche de la gauche » désespérée d’avoir été, une fois de plus, trahie par ces « social-traîtres » qu’elle a contribué à porter au pouvoir. Cela mérite-t-il qu’on commente ?

    Le Printemps des Français, lui, est un « collectif » qui regroupe les Zèbres, Cap 21, Génération citoyens et la Transition. Tous mouvements « citoyens » fondés et cornaqués par des pros de la politique qu’on a, pour certains, déjà beaucoup, beaucoup, beaucoup vus et entendus : par ordre d’apparition à l’image, Pascal Jardin, Corine Lepage, Jean-Marie Cavada, Claude Pasternak. Comme il est 6h51 et que j’aimerais dormir un peu, je laisse la parole (que j’ai bue comme du petit lait) à Vanessa Schneider. A déguster lentement !

    « On parle de renouvellement… Il faut voir que certains de ces visages sont connus et de longue date. Madame Lepage n’est pas novice en politique, M. Cavada non plus, Ce sont des gens qui font profession de proposer une alternative et qui régulièrement réapparaissent sur le marché de la politique… Etc. Quant à ce qu’en dit Hélène Pilichowski, je vous le laisse savourer. en me contentant de son exclamation : « C’est du grand n’importe quoi ! »

    Vivent les femmes en politique (et en général) !

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4 réponses à Macron-Juppé : tous ensemble, tous ensemble ! (suite)

  1. Martinez dit :

    Faites comme moi, n’écoutez plus ces tricheurs politiciens, c’est du réchauffé, ils ont tous pris des cours de « théâtre » pour mieux endormir leur auditoire, alors passons à autre chose de plus constructive. Je suis étonnée de voir les étudiants se laisser berner par tous ces « voyous ». Je crois que tous ces mouvements à gauche avec Macron, à droite avec Fillon, sont des sous-marins, qui roulent pour leur « idole ». Rappelez-vous l’élection de 2002 avec tous ces mouvements – Jospin avait perdu et le FN était victorieux. Nous allons répéter la même situation, avec tous ces sous-marins. Georgette

  2. milla dit :

    ce qui me fait marrer c est que tout le monde pense pouvoir etre président, ça devient pitoyable
    et nos jeunes ont rien compris à la société ils ne sont pas près à trouver du boulot

    • Je ne sais pas si les jeunes n’ont rien compris à la société, mais, perso, en tant que sénior « chômeuse » , je ne peux constater qu’une chose : le changement de culture qui s’opère actuellement et qui s’accélère au point de donner le tournis, casse des emplois par milliers !!! Et dans toutes les catégories…Il y a une quarantaine d’années ou plus, les jeunes pouvaient trouver un boulot sans diplôme, en passant directement PAR l’entreprise : appel téléphonique, puis rendez-vous avec un patron. Bref, on leur donnait leur chance. On les formait et il pouvaient trouver leur place dans la société. J’ai connu cela et en dépit de mon absence de diplôme, j’ai pu vivre très correctement de mon « savoir-faire ». Aujourd’hui, mon « savoir-faire » est devenu « ringard ». On lui préfère le numérique « sans âme ». Et puis surtout, on a perdu TOUTES possibilités de réussir sans un bac + cinq, et plus !! Nous vivons dans une société totalement « verrouillée » par le numérique et ça, personne n’en a vraiment conscience. On crée des humanoïdes (robots) à qui l’on donne une intelligence qui les rend capables de « sentir » et « ressentir ». Le dernier en date a fait parler de lui par ses « tweets » où il disait toute son admiration pour Hitler et le nazisme. Je crois vraiment que nous sommes au début de…..la FIN.

  3. Robert dit :

    Nuit debout : Il s’agit surtout de ne pas désespérer, non plus Billancourt (!), mais les quelques électeurs de gauche qui sont encore tentés d’aller voter en leur faisant croire qu’il peut exister une alternative et que le cadavre de la « vraie gauche » bouge encore… Et en guise d’ouverture au centre, ou à droite, on lance l’opération Macron… A cet égard, dans ce ragoût politicien, on peut discerner l’art de la synthèse cher à l’ancien premier secrétaire du PS…

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