Présidentielle : dans une semaine, la campagne

Marine, François, Manuel et les autres : tous unis contre Macron

Les Socialistes sont à quelques jours d’une primaire qui va désigner leur candidat. A entendre les commentateurs et les médias  validés par le politiquement correct, c’est presque un non-événement. Tous préfèrent satisfaire leur goût immodéré pour la fausse subversion plutôt que de rendre compte et de commenter la réalité politique. Or, la fausse subversion, c’est Macron ! (Tiens, ça ferait un bon slogan !).

J’ai déjà dit ici, et, très souvent sur twitter (je recommande à mes lecteurs qui n’ont pas de compte d’en ouvrir un) que Macron est une baudruche qui va se dégonfler sans avoir jamais pris. (Lire); je persiste et signe. Ce n’est pas parce que TOUS les médias main-stream, y compris (et ça me désole parce que ce n’est pas leur rôle) ceux du service public prédisent un avenir à Emmanuel Macron que je vais renier les conclusions d’une réflexion dûment argumentée et étayée. J’ai dit dans mon article déjà cité les raisons de la très prochaine déculottée de Macron qui tiennent à sa personne. Voici celles, tout aussi déterminantes, qui ne dépendent pas de lui.

Macron surfe sur une vague qui s’appelle « vide politique ». Aujourd’hui-même à l’émission « 24 heures en questions » d’Yves Calvi sur LCI, Catherine Nay a parfaitement ramassé en quelques mots une réalité politique indéniable. « Pour l’instant, a-t-elle dit, Macron, fait son one-man-show dans un no-man’s land ! » Autrement dit, Macron joue au boxeur tapant dans le vide devant des fans enamourés et les caméras de télés qui appartiennent à ses parrains milliardaires. Il en sera autrement quand il faudra monter sur le vrai ring avec de vrais adversaires et qui cognent fort et juste ; de surcroît des adversaires beaucoup plus lourds que lui et qui, contrairement à lui, ont déjà moult combats à leur actif.

Ce moment approche ; la baston commencera dès que les Socialistes et leurs alliés auront désigné leur champion. Et ce ne sera pas un affrontement à fleurets mouchetés. Il y aura, enfin, le débat CONTRADICTOIRE qui seul est capable de donner des indications aux Français quant au plus apte à gouverner le pays. Ainsi, Macron sera tenu, non seulement de dire ce qu’il veut leur faire croire (j’ai assez d’expérience pour ne pas parler de « projet ») mais aussi, et c’est moins drôle, de répondre aux objections et aux attaques qui viendront de tous côtés. Et ça va canarder !

En effet, Emmanuel Macron n’est pas un candidat sorti de nulle part. Il est à lui tout seul un projet politique ou, plutôt, l’instrument d’un projet politique : celui d’une caste financière qui a cru trop vite qu’il était temps de prendre ELLE-MÊME, via une créature maison, la direction de la France, comme elle l’a fait de l’Union européenne dont elle contrôle tous les rouages. Jusqu’à présent, ce contrôle passait par la caste politique[1], ses complices (presse, médias audio-visuels tous aux mains de milliardaires, système économique noyauté par la haute fonction publique[2]) et ses affidés ou clients : associations subventionnées, syndicats, think-tank gavés d’argent public et omniprésents dans les médias, etc. Le problème est que ce changement intempestif, inopportun car prématuré, heurte un caractère qui relève de l’essence-même (j’ai peur que ce soit un pléonasme mais tant pis !) du politique : l’homme politique veut bien se laisser acheter mais pas se faire piquer la place. Total, Macron sera, PAR PRINCIPE, l’homme à abattre pour TOUS les participants à cette présidentielle. C’est donc à un tir nourri qu’il devra s’attendre.

Un tir nourri auquel il prête le flanc ; Emmanuel Macron coche toutes les cases susceptibles d’en faire la cible de tous ses adversaires. Homme de la haute finance, atlantiste (encore que, en ces temps de trumpisme triomphant !…), européiste, immigrationniste, communautariste, ultra-libéral jusqu’à la caricature et, surtout, tête-à-claque, imbu de sa personne, sûr de lui et dominateur avant même d’avoir rien réalisé. Et gaffeur ! Parler d’alcoolisme à propos des Chti’s qu’il visitait ce dimanche, une injure qui vient après qu’il a « conseillé » à un chômeur de s’acheter un costard et traité d’incultes des ouvrières licenciées, ce, alors que la campagne n’est même pas encore commencée ! Voilà qui promet ! Bref, la personne de Macron, le projet de Macron, la façon d’être de Macron, tout concourt à en faire une cible idéale pour tous les concurrents de cette présidentielle.

Emmanuel Macron sera confronté à trois types d’adversaires : les premiers sont les candidats de la politique classique qui met face aux citoyens-électeurs des organes (les partis) associant des élus, des militants et des sympathisants autour d’un projet sous-tendu par une idéologie. Les partis proposent et les citoyens disposent. Les représentants les plus éminents de ce modèle politique sont François Fillon et Manuel Valls ; ce seront les deux adversaires les plus intransigeants de Manuel Macron.

Le deuxième modèle politique, qui a toujours existé à côté des tenants de la politique classique, est représenté par les partis qui « voudraient bien » gouverner mais dont l’offre ne correspond pas, pour des raisons diverses, aux attentes des Français. Dans cette acception, il est juste de dire que ces partis « n’ont pas vocation à gouverner ». Le Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon et, évidemment, le Front National sont les deux représentants français de ce modèle.

Le troisième modèle politique est l’aventure (apparemment) personnelle maquillée en « recours » à un « homme providentiel ». C’est une offre politique présentée par un homme seul, ou qui se dit tel, ayant la prétention d’être meilleur et d’en savoir plus que tous les autres. Ainsi présentée, cette offre rencontre l’agrément de gens  ignorants et faibles[3]. Evidemment, ce n’est rien de plus qu’une posture car il y a toujours derrière ce type d’homme un ou des clans puissants. Jamais ce type d’homme politique n’a existé en réalité ; jamais aucun homme politique n’a pu prendre le pouvoir et agir par ses seules vertus. Le représentant de ce modèle politique est Emmanuel Macron.

Marine Le Pen, François Fillon, Emmanuel Macron, très probablement Manuel Valls et Jean-Luc Mélenchon : nous verrons dans la suite de cet article comment les acteurs de la pièce qui va pouvoir enfin se jouer à partir de lundi prochain, qui sont les représentants principaux de ces modèles politiques, vont se confronter.

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[1] Dont la plupart des ténors sont passés par le programme Young leaders de la French American Foundation.
[2] 95% des entreprises du CAC40 sont dirigées par d’anciens membres de cabinets ministériels pour la plupart passés par l’ENA.
[3] « La démocrate est la porte ouverte au charlatanisme ! » Ernest Renan

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8 réponses à Présidentielle : dans une semaine, la campagne

  1. Henri Belasco dit :

    Un pion ? Plutôt une marionnette.

  2. Alain dit :

    Excellente analyse sur Macron qui est le pion de la Finance et des médias , hélas combien de français qui ne jurent que par la petite lucarne télévisée se laisseront prendre au piège. Cette élection présidentielle sera je crois la plus ouverte qu’on a jamais eu, après le bide des sondages sur Fillion et Trump, beaucoup ne se laisseront plus aveugler par ces sondages Bidons. Dans votre analyse Kader vous avez oublié un candidat, Nicolas Dupont-Aignan qui offre un autre choix de politique et qui j’en suis convaincu fera un bien meilleur score que ce que les médias veulent nous faire croire.

    • Kader Hamiche dit :

      Je n’ai pas « oublié » NDA ; je l’ai zappé ! Nicolas Dupont-Aignan n’est rien et il ne sera jamais autre chose que rien car sa seule ambition est d’entretenir sa petite entreprise. Il a fait 1,7 en 2012 ; pour 2017, vous pouvez enlever le 1. Désolé !

  3. Edith Lariviere dit :

    Bien dit Khader. Mais Macron ne concoure t il pas pour un poste de 1er Ministre ou de Ministre de l’Economie?

    • Kader Hamiche dit :

      Non, il prépare la prise de contrôle de la France par la haute banque. objectif 2024 ! Mais je pense que tant les Socialistes que LR vont le flinguer (politiquement) en plein vol. A commencer par une candidature Bayrou qui le mettrait 7 ou 8%.

  4. Jany dit :

    Excellent ! Contente de ne pas être la seule à faire ce constat ! Si l’on a assimilé la « politique » du marché mondial ,tout s’explique.On peut deviner ses réponses à chaque problème.Sauf la géostratégie qu’il élude inévitablement.Il ne ment pas quand il se dit ni de droite ni de gauche,cette caste n’en a que faire des partis politiques,elle s’en est servie !
    Parmi les gaffes,vous avez oublié « l’expatriée de Guadeloupe »!
    J’attends comme vous la confrontation sérieuse.
    Très cordialement en attendant impatiemment de vous lire

  5. Robert dit :

    Brillante analyse, qui me paraît lucide. J’espère cependant que la « mayonnaise Macron ne va pas prendre »… Les français croiraient-ils encore au père Noël (Macron) ?
    Le nombre élevé de participants à ses meetings paraît surprenant, mais combien de curieux parmi eux ?

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