Que cache la décision de transférer l’ambassade des EU à Jérusalem ?

Et si Trump voyait juste ? Et s’il avait quelque chose en tête ?

Et si Trump n’était pas plus malin qu’on le dit ? Et s’il ne s’agissait pas juste d’endormir les super-faucons netanyahouistes pour se donner le temps de faire quelque chose pour la Palestine ?
En effet, la « décision » de Trump de transférer l’ambassade des États-Unis à Jérusalem ne fait que confirmer celle prise par le Congrès américain en 1995 et dont l’application a été reportée à maintes reprises depuis, Y COMPRIS PAR TRUMP il y a peu. Par ailleurs, la mise en œuvre en sera lointaine puisqu’il faut construire une nouvelle ambassade. Il y a donc peu de chances, surtout après le tollé provoqué dans l’opinion et la communauté internationales, qu’un déménagement soit improvisé dans une Jérusalem bien en peine de recevoir la pléthorique administration américaine. D’ailleurs, TOUS les pays ayant reconnu Israël ont leurs services diplomatiques à Jérusalem puisque c’est là que se situent les institutions politiques du pays.
Pendant ce temps, un nouveau traité de paix est négocié avec des partenaires palestiniens en réalité pas très heureux de la situation actuelle. Avec quelques mds$ saoudiens injectés dans l’économie palestinienne (et les comptes en banque des dirigeants d’un Hamas fatigué et d’une « Autorité » palestinienne fantomatique), et après une intifada pour l’honneur, on obtiendra l’assentiment d’une population palestinienne exsangue et qui ne demande que la paix et le confort.
Ce scénario est d’autant plus crédible que tout le monde aujourd’hui s’accorde sur infaisabilité du projet de deux états. Surtout, la décision de Trump a été suivie d’une mission donnée à son gendre Yared Kushner, qui est le go-between entre Trump Netanyahou, et Mohamed Ben Salman pour l’ensemble de la géopolitique locale : concevoir un nouveau traité de paix sur la base d’un état unique où les Palestiniens auraient des droits constitutionnels spécifiques. Quelque chose entre un apartheid soft supportable par une majorité de Palestiniens et une fédération de deux entités séparées dotées de compétences non régaliennes.
Juif new-yorkais non sioniste, Kushner est très bien vu de la communauté juive de New-York qui est, en réalité (et dût l’amour-propre des Sionistes français en souffrir), l’arbitre de la politique israélienne, non seulement parce que les Juifs sont très nombreux aux États-Unis mais parce que le sionisme n’est pas que juif. (Lire Des accointances des Chrétiens avec le sionisme)
Trump n’est peut-être pas une lumière mais croire qu’il est incapable de bons sens est une bêtise. De ce point de vue, les médias et « experts » français sont complètement à côté de leurs pompes. Ils font comme si le président américain était, comme le nôtre, une sorte de monarque absolu doté de surcroît des attribution du pontifex maximus, c’est-à-dire, du pouvoir de décider de tout y compris des modalités de cérémonies mortuaires (qu’il préside !) comme en ce moment avec le décès de Johnny Hallyday. Le président des États-Unis est entouré et obligé de suivre les conseils de son entourage. C’était le danger du temps de Bush car ses soutiens étaient encore plus allumés que lui ; avec Donald Trump, c’est au contraire l’assurance des Américains et du Monde.

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