A la détresse des Français, Macron répond par la promesse d’un débat

C’est comme si on traitait un AVC par un colloque sur les maladies cardio-vasculaires !

« Changeons-LES ensemble ! »

Quelques semaines après le début du mouvement des Gilets Jaunes et dix jours après le lancement de mon appel au Général de Villiers, une constatation s’impose : jamais une initiative politique destinée à rester longtemps méconnue n’a, indépendamment de la volonté de son auteur,  aussi bien collé avec l’actualité. En effet, les Gilets jaunes sont venus, comme à dessein, illustrer et même justifier la nécessité qui s’impose à la société française de changer radicalement son logiciel politique et le personnel chargé de son exploitation et de sa maintenance.

En deux mots, les Français sont en train de pousser la logique de dégagisme entamée en 2016 avec les primaires pour la désignation des candidats LR. Avec le discours prononcé ce matin par Emmanuel Macron, on atteint le sommet, si j’ose dire, du fossé creusé entre les Français et leur représentation politique depuis, selon moi, l’arrivée de la Gauche au pouvoir en 1981.

Changer radicalement notre logiciel politique et le personnel chargé de son exploitation et de sa maintenance

Ce matin, le Président de la République a répondu au cri de détresse des Français par des considérations oiseuses et des commentaires philosophiques abscons et, surtout, des propositions à long terme, non pas de solution mais de débat. Sur l’urgence, rien ! C’est comme si on traitait un AVC par un colloque sur les maladies cardio-vasculaires ! Cette non-réponse du pouvoir a jeté les Gilets jaunes dans un état d’abattement extrême. Les Gilets jaunes et, plus largement, les Français conservaient quelque part au fond d’eux-mêmes un infime espoir d’être entendus. Ils se disaient qu’au moins ils échapperaient à l’augmentations des tarifs de l’énergie et des taxes programmées pour ce 1er janvier 2019. Mais, non, rien n’est venu ; on leur propose seulement de participer à un « comité Théodule » et à un hypothétique débat à venir dans les trois mois.

L’incapacité d’Emmanuel Macron à entendre le cri de souffrance des Français a un effet immédiat : ils comprennent ENFIN qu’on ne peut pas demander aux pyromanes d’éteindre les feux qu’ils mettent tant de constance à attiser. Ils savent maintenant que rien ne sera fait par le pouvoir en place pour répondre à leurs attentes. Les plus politisés d’entre eux sont de plus en plus nombreux à demander la dissolution de l’Assemblée nationale, la démission du Président, un référendum ; les autres demandent des solutions et se fichent de savoir par qui ni comment. Et c’est bien légitime car dans une société démocratique, les citoyens, qui ont assez à faire avec la nécessité de gagner leur vie et assurer l’éducation de leurs enfants, élisent des gens pour les représenter et pour mener une politique en leur nom et pour eux.

En réalité, ces demandes, si elles étaient acceptées – ce qui serait illogique car comment imaginer qu’après avoir refusé de renoncer à une simple augmentation de taxes Emmanuel Macron accepte de remettre en jeu un pouvoir qu’il a conquis par défaut ? S’il était dans l’état d’esprit de quelqu’un disposé à écouter le Peuple français, il aurait reculé sur le détail pour préserver l’essentiel.

Les institutions permettent à Macron de se maintenir coûte que coûte

D’ailleurs, en quoi la dissolution de l’Assemblée, la démission du Président ou un référendum changeraient-ils quelque chose ? Réponse : en rien car ils ne feraient que changer le personnel politique en place par celui qu’on a déjà vu à l’œuvre ! Ce serait un moindre mal si ces gens étaient foncièrement différents d’Emmanuel Macron ; mais ce n’est pas le cas. A l’exception des Insoumis, du Rassemblement national et de Debout la France, tous sont libéraux, européistes, mondialistes, immigrationnistes, communautaristes, LGBTistes. Comme on ne voit pas les Français porter Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen à la Présidence de la République (je ne pose pas la question de savoir si c’est souhaitable) ou élire une majorité anti-européenne, gauchiste ou nationaliste à l’Assemblée nationale, ces « solutions » ne déboucheraient que sur une restauration de ceux qui ont mené la France à l’état où elle est aujourd’hui. Evidemment, ils se dépêcheraient de revenir sur les mesures Macron qui ont mis le feu aux poudres mais, sur le fond, rien ne changerait. Pire, certaines de ces options auraient un effet contraire à celui qu’on en escompte.

Mais voyons ça de plus près !

Après avoir rappelé que ces trois options – démission du Président, dissolution, référendum – relèvent de l’initiative du Président de la République, disons d’emblée que l’une d’elle est purement et simplement inimaginable : la démission du Président. On ne voit pas, en effet, Macron céder tout le pouvoir alors qu’il s’accroche au presque rien que constituent les augmentations de taxes. Restent le référendum et la dissolution.

Un référendum n’aurait aucun sens car il se transformerait automatiquement en consultation « pour ou contre » le Président de la République. Dès lors qu’Emmanuel Macron a décidé de camper sur ses positions, on n’en voit pas l’intérêt pour lui.

La dissolution de l’Assemblée pourrait, en revanche, être utile à Emmanuel Macron mais sûrement pas à quarante deux mois du terme de son mandat. Pour l’heure, elle ne ferait que ramener au pouvoir ceux que les Français ont chassés en 2012 et qui ont raté leur retour en 2017. Des législatives anticipées seraient favorables à une alliance entre les Républicains et l’UDI… qui ne demandent qu’à gouverner avec Macron. En effet, macron fait tout ce que la droite libérale a rêvé de faire sans l’oser. Elle ne demande qu’à le prendre en otage et à l’obliger à concéder des pans entiers de son pouvoir (Matignon et de nombreux ministères) en échange d’une cohabitation d’autant plus bienveillante que rien ne la sépare de Macron au plan idéologique et, surtout, du point de vue de leur vision euro-mondialiste.

Les français pourraient bien, en 2022, avoir le choix entre une douzaine de candidats dont la moitié seront des revenants et l’autre jamais partie.

Une dissolution se solderait par une véritable restauration de l’ancien régime mais absolument pas par un renouvellement de la politique française. Et, certes, les Français y gagneraient un recul sur les taxes mais la France y perdrait toute chance de retour à sa souveraineté et à sa grandeur.

En revanche, la dissolution pourrait constituer une véritable option pour Emmanuel Macron en 2020. En effet, dans l’état actuel des choses, on l’imagine mal redresser son image et recouvrer des chances de succès en 2022. En revanche, une dissolution suivie d’une cohabitation au cours de laquelle il pourrait mettre toute son énergie à saboter discrètement le travail de son gouvernement lui permettrait de se racheter une virginité. En quelque sorte, une dissolution-exfiltration (ou dissolution-mise au vert) serait un bon moyen pour lui de regagner assez de popularité pour reconstituer ses chances de réélection. François Mitterrand n’a pas fait autre chose entre 1986 et 1988.

Bref ! Ce qui s’annonce n’a rien de très folichon. Et les français pourraient bien, en 2022, d’avoir le choix entre une douzaine de candidats dont la moitié seront des revenants et l’autre jamais partie. Sauf si les Patriotes utilisent le temps qui nous sépare de la prochaine échéance vitale pour la France – la Présidentielle de 2022 OU une éventuelle dissolution en 2020 – à travailler à une solution alternative à la fois radicale et de bon sens.

Travailler à une solution alternative à la fois radicale et de bon sens

Cette alternative à la fois radicale et de bons sens s’incarne, à mes yeux, dans le Général Pierre de Villiers. J’en ai eu l’intuition au moment de son limogeage de sa mission de Chef d’état-major des Armées. J’en suis convaincu depuis qu’il s’exprime publiquement pour les besoins de la promotion de ses livres. Certes, Pierre de Villiers dit à qui veut l’entendre qu’il ne postule à rien et ne cherche qu’à partager son expérience. Je veux bien le croire ; mais rien ne dit qu’il ne changera pas d’avis au vu de la nécessité de réparer les dégâts causés par quarante ans de politique irresponsable. C’est pourquoi je persiste à penser qu’en mai 2022, il pourrait être le candidat des Français qui aiment leur pays et qui tiennent à préserver sa civilisation mais aussi, plus généralement, de ceux qui souffrent de la politique irresponsable de cette caste politicienne déconnectée qui rentre par les fenêtres après qu’on l’ait chassée par la porte.

En tout cas, j’y travaille. Mon appel au Général de Villiers a été signé par plus de 1 600 personnes en dix jours ; j’ai entamé la création d’un réseau de comités de soutiens dans chacune de nos 577 circonscriptions législatives ; enfin, j’ai pris des contacts avec des responsables de think tank et de petites formations citoyennes afin qu’ils se joignent à nous. Et je continuerai à appeler sans discontinuer nos compatriotes à signer la pétition et à nous rejoindre et à inviter les plus motivés d’entre vous à me contacter pour participer à cette entreprise citoyenne[1].

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[1] Contacts :
. blog https://www.kader-hamiche.fr/
. mail : kader-hamicheotmail.fr
. twitter : @KaderHamiche
. Facebook : https://www.facebook.com/kader.hamiche.1

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2 réponses à A la détresse des Français, Macron répond par la promesse d’un débat

  1. BELASCO dit :

    Il est bien regrettable que les électeurs n’aient pas écouté en 2017, le diagnostique de MACRON par le psychiatre Italien Adriano SAGATORI . Il a conclu que notre futur président était un dangereux psychopathe. Ce qui se vérifie chaque jour.
    L’interview de Adriano SAGATRORI est visible sur YouTube à l’adresse :
    http://www.youtube.com/watch?v=NNDgsw39m9s

  2. Ronaldegaule dit :

    Notre problème cher Kader c’est que le patriote français devient une denrée rare surtout en période de “paix » il faut trouver une motivation supplémentaire pour encourager le vote utile !
    Déjà moraliser les assemblées en rendant impossible de nouvelles élections législatives par un barrage intensif de l’accès aux urnes, l’ouverture ne pouvant se faire qu’après qu’une commission citoyenne fasse une réforme de fond des conditions et avantages de la fonction, d’exiger le contrôle effectif de la présence des elu(é)s dans leur hémicycle respectif et une estimation de leur compétence en cours de mandat ! Tu n’es pas au niveau…..Exit
    Voilà des engagements qu’un général devrait envisager, qu’en pensez-vous ?

    Cordialement

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